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Actualité en Français


Nouveaux soupçons de glace sur la Lune

Ciel & Espace - mar, 02/03/2010 - 15:29

02/03/2010 - David Fossé
Un écho radar compatible avec de la glace d'eau a été détecté au fond de plusieurs petits cratères lunaires par la sonde indienne Chandrayaan-1. Son instrument Mini-SAR, conçu par la Nasa, a observé ce signal dans plus de quarante cratères de 2 à 15 km de diamètre, proches du pôle Nord et constamment plongés dans l'ombre. L'épaisseur de glace étant sans doute de quelques mètres, il y aurait au moins 600 millions de tonnes d'eau piégées là. « Les différentes mesures réalisées par les missions lunaires nous indiquent que de l'eau se forme, migre, se dépose sur la Lune », commente le responsable scientifique de l'instrument, Paul Spudis (Lunar ans Planetary Institut...

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Manifestation contre l'abandon de Constellation

Ciel & Espace - mar, 02/03/2010 - 14:35

02/03/2010
Samedi 27 février, environ 2000 personnes se sont rassemblées à Titusville, en Floride, pour manifester contre l'arrêt du programme Constellation et des vols de navettes. Cette décision, entérinée par le président Obama début février, devrait mettre au chômage plusieurs centaines de travailleurs du centre spatial Kennedy....

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Bombe cosmique

Ciel & Espace - mar, 02/03/2010 - 13:20

02/03/2010 -
La nébuleuse IC443, qui évoque un champignon atomique, est le vestige d'une étoile qui a explosé en supernova, voici 8000 ans, dans la constellation des Gémeaux. Les nombreux filaments de gaz, issus de l'enveloppe externe de l'astre défunt, percutent un nuage moléculaire proche, provoquant des naissances stellaires. Le Finlandais Jukka-Pekka Metsävainio a réalisé cette image avec un télescope Meade LX200 de 300 mm et une caméra CCD QHY9. Le temps de pose total cumulé dépasse 11 heures. Émilie Martin, le 2 mars 2010...

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Tectonique : un nouveau modèle orogénique pour les Andes.

INSU : Institut national des sciences de l'Univers - mar, 02/03/2010 - 01:00

Depuis l'avènement de la tectonique des plaques qui nous a fourni un modèle global de la dynamique terrestre, on a coutume de distinguer deux types de chaînes de montagnes : celles, comme l'Himalaya, qui sont dues à la collision de blocs continentaux, et celles qui sont dues à la subduction océanique en bordure d'un continent comme les Andes, exemple le plus majestueux et le plus évident. Dans un article paru dans la revue Tectonics des chercheurs de l'Institut de physique du globe de Paris (INSU-CNRS, Paris Diderot) et de l'Université du Chili, remettent en question ce modèle andin impliquant uniquement la subduction. Ils montrent le rôle essentiel dans le processus orogénique d'un système de failles et de plis déversés vers l'Ouest (donc parallèle à la subduction), peu pris en compte jusqu'à maintenant, s'enracinant profondément sous la chaîne et contribuant à sa surrection par un effet de bulldozer.

La subduction ne peut expliquer à elle seule le relief andin

Les Andes constituent lʼune des chaînes de montagnes les plus imposantes de la planète. Elles sont considérées comme l'archétype des chaînes de subduction, c'est-à-dire qu'il est admis que la surrection de cette chaîne longiligne est une conséquence de la subduction de la lithosphère océanique, au même titre que l'activité sismique et volcanique qui caractérise le bord ouest de l'Amérique du Sud.

En fait, la genèse de ce relief imposant reste sujette à débat, car si l'on sait que les zones de subduction sont souvent responsables de lʼaccumulation (accrétion) de sédiments formant de larges prismes bordant les fosses sous-marines, ce processus ne crée généralement ni raccourcissement, ni épaississement suffisant de la croûte de la plaque continentale (sus-jacente) pour engendrer des reliefs comparables à ceux des Andes.

Par ailleurs, les modèles conventionnels expliquent la création des reliefs uniquement par des chevauchements dirigés vers l'Est et l'intérieur du continent, c'est-à-dire parallèle à la subduction, en particulier dans la région de l'Altiplano, dont le lien avec la subduction n'est pas clair.

Les auteurs de cette étude ont voulu réexaminer la genèse des Andes à l'échelle du continent et de la lithosphère. Leurs questions essentielles étaient :
- Quelle proportion de la convergence entre la plaque Nazca et l'Amérique du Sud (~7-8cm/an à lʼheure actuelle) est-elle transmise à la plaque supérieure provoquant son raccourcissement et la construction des reliefs ?
- Par quelles structures géologiques ce raccourcissement se produit-il et quelle en est lʼévolution ?
- Comment sʼest initié le couplage et la mise sous contrainte de la plaque supérieure à même dʼinduire du raccourcissement sur la bordure est de lʼAltiplano, à plus de 800 km de la limite de plaques ?
- Enfin, lʼévolution dʼune chaîne de subduction est-elle vraiment différente de celle dʼune chaîne de collision, ou peut-on décrire un modèle structural et mécanique commun ?


Retour sur le terrain
Pour répondre à ces questions, en associant diverses méthodes (cartographie géologique et géomorphologique, imagerie satellite, datation des escarpements, données sismologiques) ils ont étudié deux coupes au nord et au centre du Chili, depuis le Pacifique jusqu'à l'intérieur du continent. En effet si du Nord au Sud on peut suivre tout le long de la chaîne les mêmes grandes structures avec d'Ouest en Est depuis la fosse de subduction, la marge continentale, une cordillère côtière suivie d'une dépression et la cordillère principale ; le Nord est caractérisé par la présence du grand plateau de l'Altiplano (le second haut plateau après le Tibet, altitude moyenne ~3500 m, largeur maximum d'environ 500 km). L'équipe avait également comme objectif, d'examiner l'aléa sismique auquel est soumis la ville de Santiago du fait de la présence proche de la Faille San Ramon supposée active.

Les Andes Centrales sont encore à un stade juvénile
La coupe la plus au Sud est située dans les Andes Centrales à la latitude 33°5 S. La chaîne y est étroite (<100km) et représente pour les auteurs la structure Andine à un stade primaire de son évolution. Elle est caractérisée, sur son bord ouest au-dessus de la ville de Santiago, par un système composé de plis de propagation et du chevauchement actif de San Ramón. Ce système sʼenracine par le biais d'une grande faille très peu inclinée (« rampe et décollement », cf figure) à la base de la série sédimentaire épaisse de 12 km et, plus à l'Est, sous un anticlinal de socle à l'échelle de toute la croûte. Le raccourcissement absorbé par le chevauchement de San Ramón et les plis associés serait de l'ordre de 10 km, depuis 25 millions d'années, ce qui implique une vitesse de glissement moyenne d'environ 0,4 mm par an. Le rôle de l'effet bulldozer
Cette structure, corroborée par les données sismologiques qui suggèrent en profondeur une rupture de la limite croûte manteau (Moho) permet aux auteurs de proposer un nouveau modèle dʼévolution de la chaîne. Il y aurait en premier lieu lʼinitiation dʼun chevauchement d'échelle lithosphérique, lié à la subduction, équivalent à une subduction intracontinentale naissante. Ce chevauchement produit un redoublement de la croûte et construit ainsi un butoir à même de pousser, tel un bulldozer, la couverture sédimentaire de la plaque supérieure. L'Altiplano représente un stade évolué de la structure andine
Dans un second temps, les chevauchements dirigés vers l'Est, bien connus sur la bordure est de lʼAltiplano, sont initiés. La chaîne s'élargit alors en croissant surtout vers l'Est pour arriver à la géométrie observée là où elle est la plus large sur la transversale Nord Chili - Bolivie. En effet, en se développant largement ces chevauchements d'orientation opposée (à l'Ouest dirigés vers l'ouest, à l'Est dirigés vers l'Est) créent un système dit à double vergence, un peu comme un éventail, qui construit au milieu un haut plateau (l'Altiplano).

Ainsi dans le système andin, le Nord du Chili - Bolivie, où les reliefs andins atteignent 700 km de largeur, représente un stade évolué de la chaîne, tandis que plus au Sud, la coupe du centre Chili - Argentine en représente un stade juvénile. En dʼautres termes, la déformation sur le bord ouest des Andes Centrales se serait propagée du N vers le S, entre lʼEocène (~40 Ma) et l'Oligo-Miocène (~20 Ma).

Il reste encore sur ces bases à construire un modèle mécanique et à comprendre comment se fait le couplage des plaques au niveau de la subduction pour que s'initient des chevauchement à l'échelle de la croûte ou de la lithosphère similaires à ceux rencontrés dans les chaînes de collision.

Des risques à long terme Enfin, en ce qui concerne l'aléa sismique de la ville de Santiago, la faille de San Ramón, qui traverse la partie haute de la ville, apparait susceptible de produire des séismes de magnitude importante (Mw 6.9 à Mw 7.4) avec un foyer à faible profondeur (moins de 15km). On trouve d'ailleurs sur le terrain la trace de séismes passés sous la forme d'un escarpement de quelques mètres de haut. La vitesse moyenne déterminée sur la faille, lente, fait que la récurrence (temps moyen entre deux séismes équivalents) de tels séismes serait très longue, entre 2500 à 10000 ans. Bien sûr, l'aléa lié à cette faille s'ajoute à celui lié directement à la subduction, comme vient de le montrer le séisme du 27 février 2010.
Note(s)
    Ce travail a été soutenu par le programme franco-chilien ECOS-Conicyt, l'Agence Nationale de la Recherche (projet SUBCHILE, ANR Catell) et le projet ICM chilien ''Millennium Science Nucleus of Seismotectonics and Seismic Hazard''.
Source
The West Andean Thrust (WAT), the San Ramón Fault and the seismic hazard for Santiago (Chile), Tectonics, vol. 29, 2010
Rolando Armijo1, Rodrigo Rauld2, Ricardo Thiele2, Gabriel Vargas2, Jaime Campos3, Robin Lacassin1, and Edgar Kausel3
1 Institut de Physique du Globe de Paris (INSU-CNRS, Paris Diderot)
2 Departamento de Geología, Universidad de Chile, Chili
3 Departamento de Geofísica, Universidad de Chile, Chili
Contact(s)
Rolando Armijo, IPGP (INSU-CNRS, Paris Diderot)
Robin Lacassin, IPGP (INSU-CNRS, Paris Diderot)

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M 78 et les nuages de poussière d'Orion

CielDesHommes - mar, 02/03/2010 - 01:00

Une lueur bleue surnaturelle et d’impressionnantes colonnes de poussière sont les principales caract...

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Les télescopes chiliens épargnés par le séisme

Ciel & Espace - lun, 01/03/2010 - 10:11

01/03/2010
Les télescopes de 8,2 m du Very Large Telescope, au mont Paranal, ainsi que tous les instruments de l'observatoire de la Silla, n'ont pas été endommagés par le séisme de magnitude 8,8 qui a secoué le Chili le 27 février. Sur le plateau de Chajnentor, les antennes de l'observatoire millimétrique ALMA ont également été épargnées. Tous ces instruments, construits selon des normes parasismiques, étaient assez éloignés de l'épicentre....

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Les récifs coralliens de Polynésie anéantis après le cyclone Oli

INSU : Institut national des sciences de l'Univers - lun, 01/03/2010 - 01:00

3 et 4 février 2010 : le cyclone tropical Oli s'abat sur l'ouest de la Polynésie française. Dès le 7 février 2010, le service d'observation "Corail" de l'Institut national des sciences de l'Univers (INSU) du CNRS, basé au Centre de recherches insulaires et observatoire de l'environnement (CRIOBE, CNRS/EPHE) à Moorea, met rapidement en place un relevé des effets du cyclone après son passage sur deux sites de référence. Les scientifiques mesurent l'ampleur des dégâts : le récif corallien, déjà fragilisé par l'invasion d'une étoile de mer prédatrice du corail, est quasi détruit.

3 février 2010, le cyclone tropical Oli passe au large des Îles Sous-le-vent, dans l'ouest de Tahiti. Les îles de Bora Bora, Raiatea-Tahaa, Huahine et Maupiti subissent une houle de 6 à 7 mètres et des vents de 170 km/heure en rafales. Le soir du 3 et le 4 février, c'est au tour de Tahiti et Moorea (Îles du Vent) puis l'île de Tubuai (Îles Australes) de subir ses effets avec des vents moyens de 210 km/heure. Quatre jours plus tard, le temps de remettre en état les installations, le service d'observation "Corail" de l'INSU du CNRS basé au CRIOBE(1) mesure les effets du cyclone après son passage sur les deux sites de référence de la côte nord de Moorea. Les résultats sont sans appel : le cyclone Oli a raboté les peuplements coralliens et porté le coup de grâce à un récif déjà fragilisé.

En effet, Acanthaster, une étoile de mer prédatrice du corail, avait déjà décimé les populations de coraux des pentes externes de Moorea(2). Néanmoins, la structure physique des récifs, en particulier celle de la pente externe (zone la plus propice à la croissance de ces récifs grâce à une bonne oxygénation de l'eau), avait été peu affectée car les squelettes des colonies mortes étaient encore en place, suggérant une possible reprise.

Mais après le passage du cyclone, la structure physique des pentes externes de Moorea (en particulier celle de la côte nord) a gravement et durablement été affectée. La comparaison des données avant et après le passage du cyclone met en évidence une diminution très significative du relief de la pente externe : les indices de rugosité (linéaire de récif développé/linéaire de récif plat) ont baissé de près de 50 % à toutes les profondeurs, jusqu'à 30 mètres, comme le montrent les tests statistiques effectués sur les sites étudiés. Un grand nombre de colonies en place, même mortes suite à la prédation des Acanthaster, ont été détachées par la houle et cassées par des blocs. Cette fois c'est la structure tridimensionnelle du récif qui a été touchée : or, elle conditionne l'habitat d'une grande partie de la faune associée aux coraux, dont de nombreuses espèces de poissons.

Les destructions sont variables en fonction de la profondeur. On observe ainsi :

  • de 0 à 6 mètres de profondeur : un état de destruction critique.
    La majorité des colonies éparses en vie ont été brisées à la base. La zone est totalement recouverte d'un feutrage d'algues fin de couleur jaune clair indiquant un début de "bloom algal" (une augmentation relativement rapide de la concentration d'algues). Le pourcentage de recouvrement en corail vivant est nul.
  • de 6 à 10 mètres de profondeur : de nombreuses colonies branchues vivantes sont abîmées mais leur base est encore en place, ce qui laisse supposer une reprise possible.
  • de 10 à 15 mètres de profondeur : les contreforts de cette zone sont en état de destruction critique.
    Les colonies massives et branchues (en grande majorité déjà mortes suite à l'épisode Acanthaster mais encore en place avant le cyclone) ne sont plus visibles mais aucun recouvrement algal n'est observable.
  • de 15 à 30 mètres de profondeur : la zone est anormalement recouverte de débris coralliens de petite taille (moyenne 5 cm).
Outre le corail, les peuplements associés de poissons, de mollusques et d'oursins ont également beaucoup souffert. Ainsi, de nombreux coquillages sont en état de décomposition entre 6 mètres de profondeur et la surface.


Le site de Vaipahu (Moorea Nord) par 6 mètres de profondeur, avant (à gauche) et après (à droite) le passage du cyclone Oli. © Mohsen Kamal.


D'autres observations effectuées sur les îles de Raiatea-Tahaa (Îles Sous-le-vent) et à Tubuai (Îles Australes) révèlent une situation encore plus critique sur les côtes les plus exposées à l'action cyclonique.

Bien qu'il soit encore trop tôt pour évaluer l'impact du cyclone sur les autres espèces (poissons, étoiles de mer mangeuses de corail...), on peut là aussi s'attendre à des modifications de la diversité et de l'abondance des êtres vivants. Des données plus précises sur les peuplements de poissons sont en cours de collecte, ce qui permettra de quantifier l'impact réel du cyclone sur ces populations animales, mais Oli semble être le cyclone de trop pour les récifs de certaines îles de Polynésie (Moorea, Tahiti, Raiatea, Tahaa et Bora-Bora entre autres).

Deux scénarios sont maintenant envisageables : soit les algues perdurent et dominent le système en prenant le dessus sur le corail (ce qui entraînera la mort du récif), comme c'est le cas sur de nombreux récifs dans le monde, soit le récif repart de zéro (son état actuel) et redémarre avec des assemblages de coraux probablement différents (en termes d'espèces présentes, d'abondance...) comme il l'a toujours fait.

Depuis les années 1980, les scientifiques ont pu enregistrer une résilience du récif corallien<3>. Si les leçons du passé montrent qu'il est toujours reparti, les successions de stress actuels (blanchissement des coraux, cyclones, pollutions locales...) sont de nature à un peu moins d'optimisme. C'est à voir dans 10 ans, temps nécessaire à sa régénération selon les scientifiques. Dans ce contexte, la surveillance et le suivi à long terme des récifs coralliens sont indispensables afin de pouvoir mieux appréhender leur résilience qui semble en marche en Polynésie.
Note(s)
  1. Depuis une trentaine d'années, le CRIOBE dispose de données de suivi des communautés coralliennes et des peuplements de poissons, établies régulièrement sur ces zones dans le cadre d'un réseau du Pacifique central et oriental dont il a la charge au plan international.
  2. Les coraux ont été quasiment décimés suite à l'assaut des Acanthaster qui connaissent une véritable explosion démographique depuis 2006. Les pourcentages de coraux vivants ont chuté de 96.1 (± 2.0) % sur la côte nord de Moorea (valeurs à 12 mètres de profondeur), laissant des taux de recouvrement de seulement 1.0 (± 1.1) %.
  3. La résilience du récif corallien a été constatée après avoir connu 7 épisodes de blanchissement massif (1983, 1987, 1991, 1994, 2002, 2003 et 2007), plusieurs cyclones (Orama, Reva et Veena en 1983, Wasa en 1991 et Martin en 1997) et deux pullulations d'Acanthaster planci, l'étoile de mer prédatrice du corail (de 1979 à 1984 et depuis 2006).
Contact(s)
Serge Planes, CRIOBE

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Le séisme de Concepcion, Chili, du 27 février 2010

INSU : Institut national des sciences de l'Univers - lun, 01/03/2010 - 01:00

Depuis les années 1980 les chercheurs de l'IPGP (INSU-CNRS, Paris Diderot) et du Laboratoire de géologie (ENS, INSU-CNRS) étudient l'activité sismotectonique du Chili. Dans le cadre de coopérations franco-chiliennes, avec le soutien de l'Institut National des Sciences de l'Univers, des réseaux sismologiques et de mesures de déformations GPS, notamment, ont été installés de longue date dans des zones identifiées comme des lacunes sismiques, c'est-à-dire susceptibles de rompre avec une forte magnitude. Pour intensifier ces études, le laboratoire international Montessus de Ballore (1) a été crée en 2006 entre le CNRS-INSU et l'Université du Chili à Santiago. C'est une de ces lacunes qui a été affectée par le séisme du 27 février. Les responsables français du laboratoire font une première analyse du séisme.


La tectonique des plaques de la région. Le trait épais rouge/jaune montre la subduction de la plaque Nazca sous la plaque Amérique du Sud ; le trait en pointillé montre la zone de déformation Andine à l'intérieur de la plaque. Les flèches montrent la direction et la vitesse de convergence déterminée par GPS.
© Géologie de l'ENS (INSU-CNRS, ENS)


Le séisme de magnitude 8.8 (2) qui s'est produit sur la subduction chilienne au niveau des villes de Concepcion, Constitucion et Valparaiso, le 27 février à 6h34 TU s'inscrit dans une longue liste de séismes qui se produisent tout au long de la subduction chilienne depuis des siècles. Du Nord de la Patagonie jusqu'au Pérou, cette zone sismique est relativement simple : il s'agit de la frontière entre les plaques tectoniques Nazca et Amérique du Sud qui convergent l'une contre l'autre à la vitesse de 7 cm/an. Le mouvement légèrement oblique de la plaque Nazca est entièrement absorbé sur une seule faille en mer le long de laquelle la plaque passe sous la plaque Amérique du Sud puis s'enfonce dans le manteau terrestre (la subduction).






La sismicité du Chili
Les séismes chiliens et le séisme du 27 février 2010. Les cercles rouges montrent les épicentres des gros séismes passés, les points jaunes leurs répliques enregistrées pendant 1 mois après le choc principal. Elles dessinent la surface de la faille qui a rompu lors du séisme : les ellipses blanches. Les ellipses rouges montrent les zones qui n'ont pas (ou n'avait pas) rompu depuis longtemps : les « gaps » ou « lacunes ». L'étoile rouge bordée de noir montre l'épicentre du séisme de Concepcion du 27 février.
© LAI Montessus de Ballore (INSU-CNRS, Univ Chili)A cause de la convergence Nazca-Amérique du Sud rapide, la zone de subduction du Chili a une forte activité sismique avec, en moyenne, un séisme de magnitude 8 tous les dix ans et un tremblement de terre de magnitude supérieure à 8.7 au moins une fois par siècle. Et le plus grand séisme jamais enregistré (depuis que nous disposons de sismographes) de magnitude 9.4-9.5 environ, s'est produit au Chili en 1960, juste au Sud de Concepcion.

A partir des études qu'ils mènent au Chili depuis plusieurs décennies les chercheurs de l'IPGP et de l'ENS avaient identifié dès le début des années 1990 deux lacunes sismiques au Nord et au Centre/sud du Chili qui leurs semblaient proches de la rupture (les zones entourées en rouge de la figure). La lacune d'Arica au Nord, siège d'un séisme géant en 1877 et qui a commencé à rompre en partie lors du séisme de Tocopilla en 2007 ; et précisément la lacune de Concepcion, siège d'un séisme de magnitude largement supérieure à 8 en 1835, décrit par Darwin. Cette lacune était bordée au Sud par la rupture géante de 1960 et au Nord par les séismes de Valparaiso en 1906 et 1985. Dans cette région, leurs mesures GPS montraient une accumulation «normale » de la déformation, sans aucun glissement a-sismique. Ainsi, depuis 175 ans à 7 cm/an, c'est au moins 12 m de déformation qui s'étaient accumulés sur ce segment de 400km de long. En conséquence, dans un article récent à PEPI (3), ces chercheurs réunis au sein du Laboratoire International Associé (LIA) «Montessus de Ballore» avaient évoqué la très forte probabilité d'une rupture imminente dans cette région, de magnitude entre 8 et 8.5.



Le séisme du 27 février L'épicentre du séisme du 27 février est localisé au centre de la lacune de Concepcion. Sa profondeur (environ 35 km) et son mécanisme chevauchant ne laissent aucun doute sur le fait que c'est un séisme de subduction typique, sur l'interface de contact entre les deux plaques. La répartition des répliques, dont les plus fortes ont atteint une magnitude de 6,9, indique que la rupture s'est propagée à la fois vers le Sud et vers le Nord, de manière à rompre la totalité du segment de la lacune de Concepcion, et même au delà vers le Nord, puisqu'elle semble avoir franchi la baie de San Antonio et avoir repris, au moins en partie, le segment de Valparaiso qui avait rompu en 1906 et 1985. C'est probablement la reprise de ce segment avec la lacune principale qui explique la très forte magnitude de ce séisme.

La profondeur du séisme (35 à 40 km) peut expliquer la magnitude somme toute modérée du Tsunami qui a suivi : la rupture ayant dû arriver faiblement en surface, le déplacement du fond de l'océan a dû atteindre 5 mètres et peut être un peu plus localement, ce qui s'explique par une règle empirique toute simple qui veut que la hauteur maximum atteinte par l'eau soit de l'ordre du glissement maximum sur la faille, estimé à 6-8 m ici. Par contre, cela place l'hypocentre juste sous la côte (plutôt que plus loin au large), ce qui peut avoir engendré des destructions importantes à sa proximité, et donc en particulier aux alentours de la ville de Cauquennes et de Constitucion.

La distribution des premières répliques pose un problème. En effet, elles semblent indiquer une rupture longue, de l'ordre de 600km de long, ce qui expliquerait la magnitude élevée de 8.8. Par contre, cela parait peu compatible avec les premières inversions de la source sismique réalisée par G. Hayes (NEIC) qui indiquent une longueur de rupture de l'ordre de 350km seulement, exactement localisée dans la lacune de 1835.


modèles préliminaires de la rupture effectués par Gavin Hayes, NEIC-USGS, indiquant un épicentre vers 35-40 km de profondeur, parfaitement localisé sur le plan de subduction, et une rupture confinée à environ 350 km de long. http://earthquake.usgs.gov/earthquakes/eqinthenews/2010/us2010tfan/finite_f ault.php

Les nouvelles questions Ce séisme survenu, de nouvelles questions se posent :

- Le séisme a-t-il relâché toute la déformation accumulée depuis au moins 175 ans?
Si oui, les répliques devraient diminuer progressivement en fréquence et en intensité. Si non, il faut s'attendre à d'autres séismes très forts dans la même région, désormais fragilisée par cette première rupture.

- L'augmentation des contraintes aux bouts de cette rupture va-t-elle déclencher d'autres ruptures, au Nord et au Sud?
Au Sud, cela semble peu probable : c'était le lieu du séisme géant de 1960 qui n'avait pas encore commencé à ré-accumuler de la déformation depuis. Au Nord, c'est possible, les séismes de Valparaiso (1985), La Serena (1943) et Vallenar (1922) n'ayant probablement relâché qu'une partie des contraintes accumulées depuis le séisme géant de cette région en 1730.

- Pourquoi les répliques montrent-elles une rupture s'étalant sur 600 km, alors que les premières inversions de la source sismique semble montrer une rupture de seulement 350km, s'intégrant bien dans la lacune connue de 1835 ?
Y a-t-il eu séisme lent au Nord ? Tous ces séismes sont-ils des répliques?

- Pourquoi y a-t-il des répliques au Sud de la péninsule d'Aurauco ?


Les mesures géodésiques et sismologiques permettent de quantifier et de comprendre certains aspects de ces séismes, et donc d'apporter des éléments de réponse. En particulier, les stations GPS permanentes installées dans la région permettent de savoir combien exactement de déformation a été relâchée par le séisme qui vient de se produire (tout ou partie de ce qui est disponible), si de la déformation est relâchée de manière lente et a-sismique, si elle se propage aux terminaisons de cette rupture, si les segments adjacents se mettent eux aussi à glisser lentement ou si au contraire, rien ne glisse tant qu'il n'y a pas de séisme. Les réseaux sismologiques, en localisant les centaines de petites répliques permettent de dessiner le plan de rupture du séisme. Le tout alimente les calculs de transfert de contrainte d'une zone à l'autre avec des éléments géométriques précis (taille de la rupture, quantité de glissement, orientation, etc..)


Réseau de stations GPS du LAI Montessus de ballore. En rose les ruptures des derniers grands séismes.
© LAI Montessus de Ballore (INSU-CNRS, Univ Chili)L'équipe du laboratoire de Géologie de l'ENS (INSU-CNRS, ENS) et de l'Institut de physique du globe de Paris (INSU-CNRS, Paris Diderot)(4), en coopération avec des instituts et agences Chiliennes (5) effectue des mesures géodésiques (GPS) et sismologiques depuis 1996 dans la région. Dans le cadre du laboratoire international associé « Montessus de Ballore », le réseau de bornes géodésiques sera remesuré afin de quantifier précisément la déformation de la croûte générée par ce séisme, et effectuer la maintenance des stations permanentes dont certaines (en particulier celles de Constitucion et San Javier) ont sans doute souffert. L'équipe participera également à l'installation de sismographes destinés à localiser précisément les répliques, en coordination avec le GFZ-Potsdam allemand.

D'autres laboratoires travaillent également dans cette région depuis 1990, en particulier l'EOST de Strasbourg (INSU-CNRS, Université de Strasbourg) et Géoazur (INSU-CNRS, IRD, Université de Nice). Les diverses équipes concernées examinent leurs actions possible au sein de la cellule d'intervention postsismique de l'INSU.

Enfin, l'ensemble de la subduction chilienne est également, un "site instrumenté" labélisé par l'INSU, qui reconnait ainsi l'importance des recherches sur ce sujet dans cette région du monde et les soutient tout particulièrement.



Note(s)
  1. Le LIA « Montessus de Ballore » est une structure internationale consécutive à un accord signé en 2006 entre l'université du Chili à Santiago et le CNRS/INSU. Il comprend un certain nombre de chercheurs Chiliens et Français, et son objectif principal est l'étude de la sismo-tectonique du Chili.
  2. (localisation USGS/NEIC, CSEM/EMSC)
  3. Interseismic strain accumulation measured by GPS in the seismic gap between Constitucion and Concepcion in Chile Ruegg, J.C., A. Rudloff, C. Vigny, R. Madariaga, J.B. DeChabalier, J. Campos, E. Kausel, S. Barrientos, D. Dimitrov PEPI, Vol 175, issue 1-2, June, 10.1016/j.pepi.2008.02.015, 2009.
  4. Le laboratoire de Géologie de l'ENS et l'Institut de physique du globe de paris, UMR 8538 et 7154 du CNRS : P. Bernard, A . Fuenzalida, M. Lancieri, A. Lorme, R. Madariaga, M. Métois, S. Morvan, J.C. Ruegg, S. Ruiz, A. Socquet, J.P. Vilotte, C. Vigny
  5. L'Université du Chili à Santiago et l'Université de Concepcion : J.C. Baez, S. Barrientos, K. Bataille, J. Campos, S. Peyrat.
Pour en savoir plus
Contact(s)

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Une Muse pour le VLT, le très grand télescope de l'ESO

INSU : Institut national des sciences de l'Univers - lun, 01/03/2010 - 01:00

MUSE (Multi Unit Spectroscopic Explorer), un instrument de seconde génération pour le VLT, le très grand télescope de l'ESO, reçoit ses premiers éléments. Muse est un spectrographe 3D grand champ, permettant d'obtenir les spectres de nombreuses régions mitoyennes dans le ciel de manière simultanée. Le consortium MUSE est piloté par le Centre de Recherche Astrophysique de Lyon (CRAL, INSU-CNRS) et regroupe six autres grands centres de recherche européens[1]. De tels spectrographes peuvent être utilisés comme de véritables explorateurs de l'Univers en trois dimensions (deux pour les positions du ciel et une pour les longueurs d'onde). Muse sera un outil unique et puissant pour la découverte d'objets impossibles à détecter avec les techniques actuelles d'imagerie. Basé sur une multitude de développements technologiques innovants, cet instrument pourra ainsi observer le ciel à un niveau encore jamais atteint jusqu'à présent.

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Traînées de pente dans Acheron Fossae sur Mars

CielDesHommes - lun, 01/03/2010 - 01:00

Qu’est-ce qui engendre ces pittoresques traînées noires sur Mars ? On pense qu’elles sont dues à des...

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Le principe d’exclusion de Pauli, ou pourquoi vous n’implosez pas

CielDesHommes - dim, 28/02/2010 - 01:00

Pourquoi la matière ne se comprime-t-elle pas à l’infini ? Le même principe qui permet aux étoil...

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Lumière, feu et vent: une magnifique image d’une sculpture cosmique

Techno-Science.net - Astronomie - sam, 27/02/2010 - 01:00

L’ESO vient de publier une nouvelle image spectaculaire de NGC 346, la région de formation...

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Endeavour et l'ISS à l'aube

CielDesHommes - sam, 27/02/2010 - 01:00

Le 21 février 2010, la navette spatiale Endeavour et la Station spatiale internationale ont traversé...

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Le basculement d'Uranus enfin expliqué

Ciel & Espace - ven, 26/02/2010 - 18:21

26/02/2010 - Emilie Martin et Aude Petin
Uranus aurait basculé progressivement sur son orbite via une interaction avec un gros satellite aujourd'hui disparu. Contrairement aux autres planètes du Système solaire, Uranus est "couchée" : son équateur est incliné de 97° par rapport au plan de son orbite. L'explication souvent invoquée pour cette originalité est une violente collision entre planètes. Mais un fait ne colle pas avec ce scénario : les principaux satellites d'Uranus évoluent dans le plan équatorial de la géante. Or, si un impact avait désorienté celle-ci, ses satellites n'auraient pas dû la "suivre". Le basculement s'est donc fait en douceur, selon Gwenaël Boué et Jacques Laskar, de l'IMCCE. Dans le tout...

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Le 2 mars, une vigie pour les tempêtes décolle

Ciel & Espace - ven, 26/02/2010 - 15:11

26/02/2010
Le satellite de météorologie GOES-P sera lancé le 2 mars de cap Canaveral (Floride), entre 12h19 et 13h19 heure française, par une fusée Delta 5. Ce satellite de la Nasa doit surveiller les tempêtes et faciliter les secours en cas de catastrophe naturelle. Il évoluera sur une orbite géostationnaire....

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Une avalanche martienne en 3D

Ciel & Espace - ven, 26/02/2010 - 13:55

26/02/2010 - JLD
En 2008, la sonde américaine Mars Reconnaissance Orbiter a surpris: plusieurs avalanches à la surface de Mars. Bernhard Braun du forum unmannedspaceflight. a repris ces données pour créer une impressionnante série de vues en 3D du phénomène. La technique classique pour créer des vues en 3D consiste à tirer les informations d’altitude de deux images prises sous des angles différents. En l’absence de telles données, Bernhard Braun utilise les valeurs recueillies par l’altimètre laser de la sonde. Ce procédé délivre des images moins fines, mais reste peu gourmand en temps de calcul (par exemple, un quart d’heure pour celle-ci). Une fois le calcul effectué, Bernhard Br...

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La Terre vue de l'Espace : les lacs de Nayriz en Iran

ESA France - ven, 26/02/2010 - 10:09

Dans la province de Fars, au sud de l’Iran, les lacs de Bakhtegan et de Tashk, plus connus en tant que « lacs de Nayriz » apparaissent sur cette image prise par ALOS, un satellite de d’observation japonais de quatre tonnes.

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Rupture du glacier Mertz en Antarctique

INSU : Institut national des sciences de l'Univers - ven, 26/02/2010 - 01:00

Un iceberg géant de 2550 km2 s'est détaché de la langue de glace du glacier Mertz en Antarctique de l'Est. Ce vêlage a été détecté par une équipe franco-australienne à laquelle participent des chercheurs des laboratoires LEGOS(1) (CNRS/ Université Paul Sabatier/CNES/IRD) et LOCEAN(2) (CNRS/UPMC/IRD/MNHN) et de l'Université de Tasmanie (Australian Antarctic Division). Ce phénomène vient s'ajouter aux autres observations faites autour de l'Antarctique où de plus en plus de plateformes glaciaires se détachent du continent et s'entrechoquent, ce qui entraîne une production accrue d'icebergs et une augmentation de l'apport d'eau douce à l'Océan Austral.



Situé 240 km à l'est de la base scientifique française Dumont d'Urville, le glacier Mertz s'écoule dans l'océan avec un débit de 10 à 12 milliards de tonnes de glace par an. Sa langue de glace flottante s'étendait en mer sur 160 km depuis la ligne d'échouage, elle ne fait maintenant plus que 80 km. Le nouvel iceberg qui vient de se détacher a une longueur de 78 km et une largeur allant de 33 à 39 km, son épaisseur moyenne est d'environ 400 m. Ce vêlage est issu de la collision d'un iceberg encore plus grand, appelé B9B (de 95 km de long par 20 km de large), avec la langue de glace flottante fragilisée par des crevasses transverses majeures. B9B était échoué sur des hauts fonds depuis 18 ans. Les images satellite (ENVISAT) tendent à montrer que le vêlage s'est produit entre le 12 et le 13 février 2010. L'évolution du glacier Mertz est suivie depuis 15 ans par les scientifiques de l'équipe CRACICE(3) qui étudient l'évolution des glaciers côtiers de l'Antarctique et les mécanismes de formation des icebergs. L'équipe suivait en particulier le développement des crevasses transverses qui s'étaient quasiment rejointes lorsque l'iceberg B9B est venu impacter le flanc Est de la langue de glace entraînant la séparation finale. Ces études font appel aux images satellite et à un réseau de balises GPS déployé sur le glacier à partir des moyens (navire Astrolabe et hélicoptères) mis en oeuvre par l'institut polaire français (IPEV).

La zone océanique côtière située immédiatement à l'ouest du glacier Mertz est d'un intérêt majeur. C'est là que prennent naissance en partie, les eaux de fond denses et froides de l'Antarctique qui alimentent la circulation océanique mondiale. C'est également un lieu de forte biodiversité riche en production primaire qui fait l'objet de campagnes océanographiques régulières à partir du navire l'Astrolabe dans le cadre du programme de recherche ALBION(4).

La position future des deux icebergs géants pourrait affecter la circulation océanique et l'équilibre des écosystèmes dans cette région. Ce vêlage d'une intensité exceptionnelle représente une opportunité unique de comprendre et d'évaluer le rôle de cette région sur la circulation océanique générale et donc son impact sur le climat.

Le projet est financé et supporté par INSU/CNRS, IPEV, CNES, ANR, the ARC, University of Tasmania and the Australian Antarctic Division, ainsi que par les différentes agences spatiales fournissant des images.
Note(s)
  1. LEGOS : Laboratoire d'études en Géophysique et océanographie spatiales (CNRS/Université Paul Sabatier/CNES/IRD)
  2. LOCEAN : Laboratoire d'Océanographie et du Climat : Expérimentations et Approches Numériques (CNRS/UPMC/IRD/MNHN)
  3. Acronyme anglais de Recherche coopérative sur le vêlage en Antarctique et l'évolution des glaciers, l'équipe CRACICE inclus des chercheurs du LEGOS (CNRS/ Université Paul Sabatier/CNES/IRD), de l'Université de Tasmanie et de l'Antarctique Climate and Ecosystem Cooperative Research Centre (Australie).
  4. Adélie Land Bottom water formation and Ice Ocean interactioNs, programme de recherche du laboratoire LOCEAn financé et supporté par INSU/CNRS, IPEV, CNES
Contact(s)
Benoit Legresy

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Dans les parages de la Carène

CielDesHommes - ven, 26/02/2010 - 01:00

Joyau du ciel austral, la Grande Nébuleuse de la Carène, alias NGC 3372, s’étend sur une distance ...

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SMOS prend la température de la Terre

Ciel & Espace - jeu, 25/02/2010 - 15:38

25/02/2010 - JL Dauvergne
Moins de 4 mois après son lancement, le minisatellite européen SMOS délivre ses premières cartes de température de la Terre. À partir de ces données, il est possible de déduire la salinité des océans, et le taux d’humidité des sols ; des mesures clés pour comprendre le cycle de l’eau sur notre planète. In fine, l’ensemble des données recueillies permettra d’améliorer les modèles climatiques et océanographiques. SMOS n’est encore qu’en phase de test, mais la qualité des images délivrées s’annonce pleinement satisfaisante pour les ingénieurs qui ont conçu le satellite. “Nous avons également un excellent retour des scientifiques qui ont commencé à utili...

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