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INSU : Institut national des sciences de l'Univers


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Actualites de l'INSU, l'Institut national des sciences de l'Univers du CNRS. L'INSU a ete cree en 1985 avec pour mission d'elaborer, de developper et de coordonner les recherches d'ampleur nationale et internationale en astronomie, en Sciences de la Terre, de l'ocean et de l'espace qui sont menees au sein des etablissements publics relevant de l'education nationale, et au sein du CNRS, plus particulierement du departement scientifique Mathematiques, Physique, Planete et Univers qui regroupe les disciplines correspondantes dont il renforce et prolonge l'action.
Mis à jour : il y a 1 an 43 semaines

Tectonique : un nouveau modèle orogénique pour les Andes.

mar, 02/03/2010 - 01:00

Depuis l'avènement de la tectonique des plaques qui nous a fourni un modèle global de la dynamique terrestre, on a coutume de distinguer deux types de chaînes de montagnes : celles, comme l'Himalaya, qui sont dues à la collision de blocs continentaux, et celles qui sont dues à la subduction océanique en bordure d'un continent comme les Andes, exemple le plus majestueux et le plus évident. Dans un article paru dans la revue Tectonics des chercheurs de l'Institut de physique du globe de Paris (INSU-CNRS, Paris Diderot) et de l'Université du Chili, remettent en question ce modèle andin impliquant uniquement la subduction. Ils montrent le rôle essentiel dans le processus orogénique d'un système de failles et de plis déversés vers l'Ouest (donc parallèle à la subduction), peu pris en compte jusqu'à maintenant, s'enracinant profondément sous la chaîne et contribuant à sa surrection par un effet de bulldozer.

La subduction ne peut expliquer à elle seule le relief andin

Les Andes constituent lʼune des chaînes de montagnes les plus imposantes de la planète. Elles sont considérées comme l'archétype des chaînes de subduction, c'est-à-dire qu'il est admis que la surrection de cette chaîne longiligne est une conséquence de la subduction de la lithosphère océanique, au même titre que l'activité sismique et volcanique qui caractérise le bord ouest de l'Amérique du Sud.

En fait, la genèse de ce relief imposant reste sujette à débat, car si l'on sait que les zones de subduction sont souvent responsables de lʼaccumulation (accrétion) de sédiments formant de larges prismes bordant les fosses sous-marines, ce processus ne crée généralement ni raccourcissement, ni épaississement suffisant de la croûte de la plaque continentale (sus-jacente) pour engendrer des reliefs comparables à ceux des Andes.

Par ailleurs, les modèles conventionnels expliquent la création des reliefs uniquement par des chevauchements dirigés vers l'Est et l'intérieur du continent, c'est-à-dire parallèle à la subduction, en particulier dans la région de l'Altiplano, dont le lien avec la subduction n'est pas clair.

Les auteurs de cette étude ont voulu réexaminer la genèse des Andes à l'échelle du continent et de la lithosphère. Leurs questions essentielles étaient :
- Quelle proportion de la convergence entre la plaque Nazca et l'Amérique du Sud (~7-8cm/an à lʼheure actuelle) est-elle transmise à la plaque supérieure provoquant son raccourcissement et la construction des reliefs ?
- Par quelles structures géologiques ce raccourcissement se produit-il et quelle en est lʼévolution ?
- Comment sʼest initié le couplage et la mise sous contrainte de la plaque supérieure à même dʼinduire du raccourcissement sur la bordure est de lʼAltiplano, à plus de 800 km de la limite de plaques ?
- Enfin, lʼévolution dʼune chaîne de subduction est-elle vraiment différente de celle dʼune chaîne de collision, ou peut-on décrire un modèle structural et mécanique commun ?


Retour sur le terrain
Pour répondre à ces questions, en associant diverses méthodes (cartographie géologique et géomorphologique, imagerie satellite, datation des escarpements, données sismologiques) ils ont étudié deux coupes au nord et au centre du Chili, depuis le Pacifique jusqu'à l'intérieur du continent. En effet si du Nord au Sud on peut suivre tout le long de la chaîne les mêmes grandes structures avec d'Ouest en Est depuis la fosse de subduction, la marge continentale, une cordillère côtière suivie d'une dépression et la cordillère principale ; le Nord est caractérisé par la présence du grand plateau de l'Altiplano (le second haut plateau après le Tibet, altitude moyenne ~3500 m, largeur maximum d'environ 500 km). L'équipe avait également comme objectif, d'examiner l'aléa sismique auquel est soumis la ville de Santiago du fait de la présence proche de la Faille San Ramon supposée active.

Les Andes Centrales sont encore à un stade juvénile
La coupe la plus au Sud est située dans les Andes Centrales à la latitude 33°5 S. La chaîne y est étroite (<100km) et représente pour les auteurs la structure Andine à un stade primaire de son évolution. Elle est caractérisée, sur son bord ouest au-dessus de la ville de Santiago, par un système composé de plis de propagation et du chevauchement actif de San Ramón. Ce système sʼenracine par le biais d'une grande faille très peu inclinée (« rampe et décollement », cf figure) à la base de la série sédimentaire épaisse de 12 km et, plus à l'Est, sous un anticlinal de socle à l'échelle de toute la croûte. Le raccourcissement absorbé par le chevauchement de San Ramón et les plis associés serait de l'ordre de 10 km, depuis 25 millions d'années, ce qui implique une vitesse de glissement moyenne d'environ 0,4 mm par an. Le rôle de l'effet bulldozer
Cette structure, corroborée par les données sismologiques qui suggèrent en profondeur une rupture de la limite croûte manteau (Moho) permet aux auteurs de proposer un nouveau modèle dʼévolution de la chaîne. Il y aurait en premier lieu lʼinitiation dʼun chevauchement d'échelle lithosphérique, lié à la subduction, équivalent à une subduction intracontinentale naissante. Ce chevauchement produit un redoublement de la croûte et construit ainsi un butoir à même de pousser, tel un bulldozer, la couverture sédimentaire de la plaque supérieure. L'Altiplano représente un stade évolué de la structure andine
Dans un second temps, les chevauchements dirigés vers l'Est, bien connus sur la bordure est de lʼAltiplano, sont initiés. La chaîne s'élargit alors en croissant surtout vers l'Est pour arriver à la géométrie observée là où elle est la plus large sur la transversale Nord Chili - Bolivie. En effet, en se développant largement ces chevauchements d'orientation opposée (à l'Ouest dirigés vers l'ouest, à l'Est dirigés vers l'Est) créent un système dit à double vergence, un peu comme un éventail, qui construit au milieu un haut plateau (l'Altiplano).

Ainsi dans le système andin, le Nord du Chili - Bolivie, où les reliefs andins atteignent 700 km de largeur, représente un stade évolué de la chaîne, tandis que plus au Sud, la coupe du centre Chili - Argentine en représente un stade juvénile. En dʼautres termes, la déformation sur le bord ouest des Andes Centrales se serait propagée du N vers le S, entre lʼEocène (~40 Ma) et l'Oligo-Miocène (~20 Ma).

Il reste encore sur ces bases à construire un modèle mécanique et à comprendre comment se fait le couplage des plaques au niveau de la subduction pour que s'initient des chevauchement à l'échelle de la croûte ou de la lithosphère similaires à ceux rencontrés dans les chaînes de collision.

Des risques à long terme Enfin, en ce qui concerne l'aléa sismique de la ville de Santiago, la faille de San Ramón, qui traverse la partie haute de la ville, apparait susceptible de produire des séismes de magnitude importante (Mw 6.9 à Mw 7.4) avec un foyer à faible profondeur (moins de 15km). On trouve d'ailleurs sur le terrain la trace de séismes passés sous la forme d'un escarpement de quelques mètres de haut. La vitesse moyenne déterminée sur la faille, lente, fait que la récurrence (temps moyen entre deux séismes équivalents) de tels séismes serait très longue, entre 2500 à 10000 ans. Bien sûr, l'aléa lié à cette faille s'ajoute à celui lié directement à la subduction, comme vient de le montrer le séisme du 27 février 2010.
Note(s)
    Ce travail a été soutenu par le programme franco-chilien ECOS-Conicyt, l'Agence Nationale de la Recherche (projet SUBCHILE, ANR Catell) et le projet ICM chilien ''Millennium Science Nucleus of Seismotectonics and Seismic Hazard''.
Source
The West Andean Thrust (WAT), the San Ramón Fault and the seismic hazard for Santiago (Chile), Tectonics, vol. 29, 2010
Rolando Armijo1, Rodrigo Rauld2, Ricardo Thiele2, Gabriel Vargas2, Jaime Campos3, Robin Lacassin1, and Edgar Kausel3
1 Institut de Physique du Globe de Paris (INSU-CNRS, Paris Diderot)
2 Departamento de Geología, Universidad de Chile, Chili
3 Departamento de Geofísica, Universidad de Chile, Chili
Contact(s)
Rolando Armijo, IPGP (INSU-CNRS, Paris Diderot)
Robin Lacassin, IPGP (INSU-CNRS, Paris Diderot)

Catégories: Actualité en Français

Les récifs coralliens de Polynésie anéantis après le cyclone Oli

lun, 01/03/2010 - 01:00

3 et 4 février 2010 : le cyclone tropical Oli s'abat sur l'ouest de la Polynésie française. Dès le 7 février 2010, le service d'observation "Corail" de l'Institut national des sciences de l'Univers (INSU) du CNRS, basé au Centre de recherches insulaires et observatoire de l'environnement (CRIOBE, CNRS/EPHE) à Moorea, met rapidement en place un relevé des effets du cyclone après son passage sur deux sites de référence. Les scientifiques mesurent l'ampleur des dégâts : le récif corallien, déjà fragilisé par l'invasion d'une étoile de mer prédatrice du corail, est quasi détruit.

3 février 2010, le cyclone tropical Oli passe au large des Îles Sous-le-vent, dans l'ouest de Tahiti. Les îles de Bora Bora, Raiatea-Tahaa, Huahine et Maupiti subissent une houle de 6 à 7 mètres et des vents de 170 km/heure en rafales. Le soir du 3 et le 4 février, c'est au tour de Tahiti et Moorea (Îles du Vent) puis l'île de Tubuai (Îles Australes) de subir ses effets avec des vents moyens de 210 km/heure. Quatre jours plus tard, le temps de remettre en état les installations, le service d'observation "Corail" de l'INSU du CNRS basé au CRIOBE(1) mesure les effets du cyclone après son passage sur les deux sites de référence de la côte nord de Moorea. Les résultats sont sans appel : le cyclone Oli a raboté les peuplements coralliens et porté le coup de grâce à un récif déjà fragilisé.

En effet, Acanthaster, une étoile de mer prédatrice du corail, avait déjà décimé les populations de coraux des pentes externes de Moorea(2). Néanmoins, la structure physique des récifs, en particulier celle de la pente externe (zone la plus propice à la croissance de ces récifs grâce à une bonne oxygénation de l'eau), avait été peu affectée car les squelettes des colonies mortes étaient encore en place, suggérant une possible reprise.

Mais après le passage du cyclone, la structure physique des pentes externes de Moorea (en particulier celle de la côte nord) a gravement et durablement été affectée. La comparaison des données avant et après le passage du cyclone met en évidence une diminution très significative du relief de la pente externe : les indices de rugosité (linéaire de récif développé/linéaire de récif plat) ont baissé de près de 50 % à toutes les profondeurs, jusqu'à 30 mètres, comme le montrent les tests statistiques effectués sur les sites étudiés. Un grand nombre de colonies en place, même mortes suite à la prédation des Acanthaster, ont été détachées par la houle et cassées par des blocs. Cette fois c'est la structure tridimensionnelle du récif qui a été touchée : or, elle conditionne l'habitat d'une grande partie de la faune associée aux coraux, dont de nombreuses espèces de poissons.

Les destructions sont variables en fonction de la profondeur. On observe ainsi :

  • de 0 à 6 mètres de profondeur : un état de destruction critique.
    La majorité des colonies éparses en vie ont été brisées à la base. La zone est totalement recouverte d'un feutrage d'algues fin de couleur jaune clair indiquant un début de "bloom algal" (une augmentation relativement rapide de la concentration d'algues). Le pourcentage de recouvrement en corail vivant est nul.
  • de 6 à 10 mètres de profondeur : de nombreuses colonies branchues vivantes sont abîmées mais leur base est encore en place, ce qui laisse supposer une reprise possible.
  • de 10 à 15 mètres de profondeur : les contreforts de cette zone sont en état de destruction critique.
    Les colonies massives et branchues (en grande majorité déjà mortes suite à l'épisode Acanthaster mais encore en place avant le cyclone) ne sont plus visibles mais aucun recouvrement algal n'est observable.
  • de 15 à 30 mètres de profondeur : la zone est anormalement recouverte de débris coralliens de petite taille (moyenne 5 cm).
Outre le corail, les peuplements associés de poissons, de mollusques et d'oursins ont également beaucoup souffert. Ainsi, de nombreux coquillages sont en état de décomposition entre 6 mètres de profondeur et la surface.


Le site de Vaipahu (Moorea Nord) par 6 mètres de profondeur, avant (à gauche) et après (à droite) le passage du cyclone Oli. © Mohsen Kamal.


D'autres observations effectuées sur les îles de Raiatea-Tahaa (Îles Sous-le-vent) et à Tubuai (Îles Australes) révèlent une situation encore plus critique sur les côtes les plus exposées à l'action cyclonique.

Bien qu'il soit encore trop tôt pour évaluer l'impact du cyclone sur les autres espèces (poissons, étoiles de mer mangeuses de corail...), on peut là aussi s'attendre à des modifications de la diversité et de l'abondance des êtres vivants. Des données plus précises sur les peuplements de poissons sont en cours de collecte, ce qui permettra de quantifier l'impact réel du cyclone sur ces populations animales, mais Oli semble être le cyclone de trop pour les récifs de certaines îles de Polynésie (Moorea, Tahiti, Raiatea, Tahaa et Bora-Bora entre autres).

Deux scénarios sont maintenant envisageables : soit les algues perdurent et dominent le système en prenant le dessus sur le corail (ce qui entraînera la mort du récif), comme c'est le cas sur de nombreux récifs dans le monde, soit le récif repart de zéro (son état actuel) et redémarre avec des assemblages de coraux probablement différents (en termes d'espèces présentes, d'abondance...) comme il l'a toujours fait.

Depuis les années 1980, les scientifiques ont pu enregistrer une résilience du récif corallien<3>. Si les leçons du passé montrent qu'il est toujours reparti, les successions de stress actuels (blanchissement des coraux, cyclones, pollutions locales...) sont de nature à un peu moins d'optimisme. C'est à voir dans 10 ans, temps nécessaire à sa régénération selon les scientifiques. Dans ce contexte, la surveillance et le suivi à long terme des récifs coralliens sont indispensables afin de pouvoir mieux appréhender leur résilience qui semble en marche en Polynésie.
Note(s)
  1. Depuis une trentaine d'années, le CRIOBE dispose de données de suivi des communautés coralliennes et des peuplements de poissons, établies régulièrement sur ces zones dans le cadre d'un réseau du Pacifique central et oriental dont il a la charge au plan international.
  2. Les coraux ont été quasiment décimés suite à l'assaut des Acanthaster qui connaissent une véritable explosion démographique depuis 2006. Les pourcentages de coraux vivants ont chuté de 96.1 (± 2.0) % sur la côte nord de Moorea (valeurs à 12 mètres de profondeur), laissant des taux de recouvrement de seulement 1.0 (± 1.1) %.
  3. La résilience du récif corallien a été constatée après avoir connu 7 épisodes de blanchissement massif (1983, 1987, 1991, 1994, 2002, 2003 et 2007), plusieurs cyclones (Orama, Reva et Veena en 1983, Wasa en 1991 et Martin en 1997) et deux pullulations d'Acanthaster planci, l'étoile de mer prédatrice du corail (de 1979 à 1984 et depuis 2006).
Contact(s)
Serge Planes, CRIOBE

Catégories: Actualité en Français

Le séisme de Concepcion, Chili, du 27 février 2010

lun, 01/03/2010 - 01:00

Depuis les années 1980 les chercheurs de l'IPGP (INSU-CNRS, Paris Diderot) et du Laboratoire de géologie (ENS, INSU-CNRS) étudient l'activité sismotectonique du Chili. Dans le cadre de coopérations franco-chiliennes, avec le soutien de l'Institut National des Sciences de l'Univers, des réseaux sismologiques et de mesures de déformations GPS, notamment, ont été installés de longue date dans des zones identifiées comme des lacunes sismiques, c'est-à-dire susceptibles de rompre avec une forte magnitude. Pour intensifier ces études, le laboratoire international Montessus de Ballore (1) a été crée en 2006 entre le CNRS-INSU et l'Université du Chili à Santiago. C'est une de ces lacunes qui a été affectée par le séisme du 27 février. Les responsables français du laboratoire font une première analyse du séisme.


La tectonique des plaques de la région. Le trait épais rouge/jaune montre la subduction de la plaque Nazca sous la plaque Amérique du Sud ; le trait en pointillé montre la zone de déformation Andine à l'intérieur de la plaque. Les flèches montrent la direction et la vitesse de convergence déterminée par GPS.
© Géologie de l'ENS (INSU-CNRS, ENS)


Le séisme de magnitude 8.8 (2) qui s'est produit sur la subduction chilienne au niveau des villes de Concepcion, Constitucion et Valparaiso, le 27 février à 6h34 TU s'inscrit dans une longue liste de séismes qui se produisent tout au long de la subduction chilienne depuis des siècles. Du Nord de la Patagonie jusqu'au Pérou, cette zone sismique est relativement simple : il s'agit de la frontière entre les plaques tectoniques Nazca et Amérique du Sud qui convergent l'une contre l'autre à la vitesse de 7 cm/an. Le mouvement légèrement oblique de la plaque Nazca est entièrement absorbé sur une seule faille en mer le long de laquelle la plaque passe sous la plaque Amérique du Sud puis s'enfonce dans le manteau terrestre (la subduction).






La sismicité du Chili
Les séismes chiliens et le séisme du 27 février 2010. Les cercles rouges montrent les épicentres des gros séismes passés, les points jaunes leurs répliques enregistrées pendant 1 mois après le choc principal. Elles dessinent la surface de la faille qui a rompu lors du séisme : les ellipses blanches. Les ellipses rouges montrent les zones qui n'ont pas (ou n'avait pas) rompu depuis longtemps : les « gaps » ou « lacunes ». L'étoile rouge bordée de noir montre l'épicentre du séisme de Concepcion du 27 février.
© LAI Montessus de Ballore (INSU-CNRS, Univ Chili)A cause de la convergence Nazca-Amérique du Sud rapide, la zone de subduction du Chili a une forte activité sismique avec, en moyenne, un séisme de magnitude 8 tous les dix ans et un tremblement de terre de magnitude supérieure à 8.7 au moins une fois par siècle. Et le plus grand séisme jamais enregistré (depuis que nous disposons de sismographes) de magnitude 9.4-9.5 environ, s'est produit au Chili en 1960, juste au Sud de Concepcion.

A partir des études qu'ils mènent au Chili depuis plusieurs décennies les chercheurs de l'IPGP et de l'ENS avaient identifié dès le début des années 1990 deux lacunes sismiques au Nord et au Centre/sud du Chili qui leurs semblaient proches de la rupture (les zones entourées en rouge de la figure). La lacune d'Arica au Nord, siège d'un séisme géant en 1877 et qui a commencé à rompre en partie lors du séisme de Tocopilla en 2007 ; et précisément la lacune de Concepcion, siège d'un séisme de magnitude largement supérieure à 8 en 1835, décrit par Darwin. Cette lacune était bordée au Sud par la rupture géante de 1960 et au Nord par les séismes de Valparaiso en 1906 et 1985. Dans cette région, leurs mesures GPS montraient une accumulation «normale » de la déformation, sans aucun glissement a-sismique. Ainsi, depuis 175 ans à 7 cm/an, c'est au moins 12 m de déformation qui s'étaient accumulés sur ce segment de 400km de long. En conséquence, dans un article récent à PEPI (3), ces chercheurs réunis au sein du Laboratoire International Associé (LIA) «Montessus de Ballore» avaient évoqué la très forte probabilité d'une rupture imminente dans cette région, de magnitude entre 8 et 8.5.



Le séisme du 27 février L'épicentre du séisme du 27 février est localisé au centre de la lacune de Concepcion. Sa profondeur (environ 35 km) et son mécanisme chevauchant ne laissent aucun doute sur le fait que c'est un séisme de subduction typique, sur l'interface de contact entre les deux plaques. La répartition des répliques, dont les plus fortes ont atteint une magnitude de 6,9, indique que la rupture s'est propagée à la fois vers le Sud et vers le Nord, de manière à rompre la totalité du segment de la lacune de Concepcion, et même au delà vers le Nord, puisqu'elle semble avoir franchi la baie de San Antonio et avoir repris, au moins en partie, le segment de Valparaiso qui avait rompu en 1906 et 1985. C'est probablement la reprise de ce segment avec la lacune principale qui explique la très forte magnitude de ce séisme.

La profondeur du séisme (35 à 40 km) peut expliquer la magnitude somme toute modérée du Tsunami qui a suivi : la rupture ayant dû arriver faiblement en surface, le déplacement du fond de l'océan a dû atteindre 5 mètres et peut être un peu plus localement, ce qui s'explique par une règle empirique toute simple qui veut que la hauteur maximum atteinte par l'eau soit de l'ordre du glissement maximum sur la faille, estimé à 6-8 m ici. Par contre, cela place l'hypocentre juste sous la côte (plutôt que plus loin au large), ce qui peut avoir engendré des destructions importantes à sa proximité, et donc en particulier aux alentours de la ville de Cauquennes et de Constitucion.

La distribution des premières répliques pose un problème. En effet, elles semblent indiquer une rupture longue, de l'ordre de 600km de long, ce qui expliquerait la magnitude élevée de 8.8. Par contre, cela parait peu compatible avec les premières inversions de la source sismique réalisée par G. Hayes (NEIC) qui indiquent une longueur de rupture de l'ordre de 350km seulement, exactement localisée dans la lacune de 1835.


modèles préliminaires de la rupture effectués par Gavin Hayes, NEIC-USGS, indiquant un épicentre vers 35-40 km de profondeur, parfaitement localisé sur le plan de subduction, et une rupture confinée à environ 350 km de long. http://earthquake.usgs.gov/earthquakes/eqinthenews/2010/us2010tfan/finite_f ault.php

Les nouvelles questions Ce séisme survenu, de nouvelles questions se posent :

- Le séisme a-t-il relâché toute la déformation accumulée depuis au moins 175 ans?
Si oui, les répliques devraient diminuer progressivement en fréquence et en intensité. Si non, il faut s'attendre à d'autres séismes très forts dans la même région, désormais fragilisée par cette première rupture.

- L'augmentation des contraintes aux bouts de cette rupture va-t-elle déclencher d'autres ruptures, au Nord et au Sud?
Au Sud, cela semble peu probable : c'était le lieu du séisme géant de 1960 qui n'avait pas encore commencé à ré-accumuler de la déformation depuis. Au Nord, c'est possible, les séismes de Valparaiso (1985), La Serena (1943) et Vallenar (1922) n'ayant probablement relâché qu'une partie des contraintes accumulées depuis le séisme géant de cette région en 1730.

- Pourquoi les répliques montrent-elles une rupture s'étalant sur 600 km, alors que les premières inversions de la source sismique semble montrer une rupture de seulement 350km, s'intégrant bien dans la lacune connue de 1835 ?
Y a-t-il eu séisme lent au Nord ? Tous ces séismes sont-ils des répliques?

- Pourquoi y a-t-il des répliques au Sud de la péninsule d'Aurauco ?


Les mesures géodésiques et sismologiques permettent de quantifier et de comprendre certains aspects de ces séismes, et donc d'apporter des éléments de réponse. En particulier, les stations GPS permanentes installées dans la région permettent de savoir combien exactement de déformation a été relâchée par le séisme qui vient de se produire (tout ou partie de ce qui est disponible), si de la déformation est relâchée de manière lente et a-sismique, si elle se propage aux terminaisons de cette rupture, si les segments adjacents se mettent eux aussi à glisser lentement ou si au contraire, rien ne glisse tant qu'il n'y a pas de séisme. Les réseaux sismologiques, en localisant les centaines de petites répliques permettent de dessiner le plan de rupture du séisme. Le tout alimente les calculs de transfert de contrainte d'une zone à l'autre avec des éléments géométriques précis (taille de la rupture, quantité de glissement, orientation, etc..)


Réseau de stations GPS du LAI Montessus de ballore. En rose les ruptures des derniers grands séismes.
© LAI Montessus de Ballore (INSU-CNRS, Univ Chili)L'équipe du laboratoire de Géologie de l'ENS (INSU-CNRS, ENS) et de l'Institut de physique du globe de Paris (INSU-CNRS, Paris Diderot)(4), en coopération avec des instituts et agences Chiliennes (5) effectue des mesures géodésiques (GPS) et sismologiques depuis 1996 dans la région. Dans le cadre du laboratoire international associé « Montessus de Ballore », le réseau de bornes géodésiques sera remesuré afin de quantifier précisément la déformation de la croûte générée par ce séisme, et effectuer la maintenance des stations permanentes dont certaines (en particulier celles de Constitucion et San Javier) ont sans doute souffert. L'équipe participera également à l'installation de sismographes destinés à localiser précisément les répliques, en coordination avec le GFZ-Potsdam allemand.

D'autres laboratoires travaillent également dans cette région depuis 1990, en particulier l'EOST de Strasbourg (INSU-CNRS, Université de Strasbourg) et Géoazur (INSU-CNRS, IRD, Université de Nice). Les diverses équipes concernées examinent leurs actions possible au sein de la cellule d'intervention postsismique de l'INSU.

Enfin, l'ensemble de la subduction chilienne est également, un "site instrumenté" labélisé par l'INSU, qui reconnait ainsi l'importance des recherches sur ce sujet dans cette région du monde et les soutient tout particulièrement.



Note(s)
  1. Le LIA « Montessus de Ballore » est une structure internationale consécutive à un accord signé en 2006 entre l'université du Chili à Santiago et le CNRS/INSU. Il comprend un certain nombre de chercheurs Chiliens et Français, et son objectif principal est l'étude de la sismo-tectonique du Chili.
  2. (localisation USGS/NEIC, CSEM/EMSC)
  3. Interseismic strain accumulation measured by GPS in the seismic gap between Constitucion and Concepcion in Chile Ruegg, J.C., A. Rudloff, C. Vigny, R. Madariaga, J.B. DeChabalier, J. Campos, E. Kausel, S. Barrientos, D. Dimitrov PEPI, Vol 175, issue 1-2, June, 10.1016/j.pepi.2008.02.015, 2009.
  4. Le laboratoire de Géologie de l'ENS et l'Institut de physique du globe de paris, UMR 8538 et 7154 du CNRS : P. Bernard, A . Fuenzalida, M. Lancieri, A. Lorme, R. Madariaga, M. Métois, S. Morvan, J.C. Ruegg, S. Ruiz, A. Socquet, J.P. Vilotte, C. Vigny
  5. L'Université du Chili à Santiago et l'Université de Concepcion : J.C. Baez, S. Barrientos, K. Bataille, J. Campos, S. Peyrat.
Pour en savoir plus
Contact(s)

Catégories: Actualité en Français

Une Muse pour le VLT, le très grand télescope de l'ESO

lun, 01/03/2010 - 01:00

MUSE (Multi Unit Spectroscopic Explorer), un instrument de seconde génération pour le VLT, le très grand télescope de l'ESO, reçoit ses premiers éléments. Muse est un spectrographe 3D grand champ, permettant d'obtenir les spectres de nombreuses régions mitoyennes dans le ciel de manière simultanée. Le consortium MUSE est piloté par le Centre de Recherche Astrophysique de Lyon (CRAL, INSU-CNRS) et regroupe six autres grands centres de recherche européens[1]. De tels spectrographes peuvent être utilisés comme de véritables explorateurs de l'Univers en trois dimensions (deux pour les positions du ciel et une pour les longueurs d'onde). Muse sera un outil unique et puissant pour la découverte d'objets impossibles à détecter avec les techniques actuelles d'imagerie. Basé sur une multitude de développements technologiques innovants, cet instrument pourra ainsi observer le ciel à un niveau encore jamais atteint jusqu'à présent.

Catégories: Actualité en Français

Rupture du glacier Mertz en Antarctique

ven, 26/02/2010 - 01:00

Un iceberg géant de 2550 km2 s'est détaché de la langue de glace du glacier Mertz en Antarctique de l'Est. Ce vêlage a été détecté par une équipe franco-australienne à laquelle participent des chercheurs des laboratoires LEGOS(1) (CNRS/ Université Paul Sabatier/CNES/IRD) et LOCEAN(2) (CNRS/UPMC/IRD/MNHN) et de l'Université de Tasmanie (Australian Antarctic Division). Ce phénomène vient s'ajouter aux autres observations faites autour de l'Antarctique où de plus en plus de plateformes glaciaires se détachent du continent et s'entrechoquent, ce qui entraîne une production accrue d'icebergs et une augmentation de l'apport d'eau douce à l'Océan Austral.



Situé 240 km à l'est de la base scientifique française Dumont d'Urville, le glacier Mertz s'écoule dans l'océan avec un débit de 10 à 12 milliards de tonnes de glace par an. Sa langue de glace flottante s'étendait en mer sur 160 km depuis la ligne d'échouage, elle ne fait maintenant plus que 80 km. Le nouvel iceberg qui vient de se détacher a une longueur de 78 km et une largeur allant de 33 à 39 km, son épaisseur moyenne est d'environ 400 m. Ce vêlage est issu de la collision d'un iceberg encore plus grand, appelé B9B (de 95 km de long par 20 km de large), avec la langue de glace flottante fragilisée par des crevasses transverses majeures. B9B était échoué sur des hauts fonds depuis 18 ans. Les images satellite (ENVISAT) tendent à montrer que le vêlage s'est produit entre le 12 et le 13 février 2010. L'évolution du glacier Mertz est suivie depuis 15 ans par les scientifiques de l'équipe CRACICE(3) qui étudient l'évolution des glaciers côtiers de l'Antarctique et les mécanismes de formation des icebergs. L'équipe suivait en particulier le développement des crevasses transverses qui s'étaient quasiment rejointes lorsque l'iceberg B9B est venu impacter le flanc Est de la langue de glace entraînant la séparation finale. Ces études font appel aux images satellite et à un réseau de balises GPS déployé sur le glacier à partir des moyens (navire Astrolabe et hélicoptères) mis en oeuvre par l'institut polaire français (IPEV).

La zone océanique côtière située immédiatement à l'ouest du glacier Mertz est d'un intérêt majeur. C'est là que prennent naissance en partie, les eaux de fond denses et froides de l'Antarctique qui alimentent la circulation océanique mondiale. C'est également un lieu de forte biodiversité riche en production primaire qui fait l'objet de campagnes océanographiques régulières à partir du navire l'Astrolabe dans le cadre du programme de recherche ALBION(4).

La position future des deux icebergs géants pourrait affecter la circulation océanique et l'équilibre des écosystèmes dans cette région. Ce vêlage d'une intensité exceptionnelle représente une opportunité unique de comprendre et d'évaluer le rôle de cette région sur la circulation océanique générale et donc son impact sur le climat.

Le projet est financé et supporté par INSU/CNRS, IPEV, CNES, ANR, the ARC, University of Tasmania and the Australian Antarctic Division, ainsi que par les différentes agences spatiales fournissant des images.
Note(s)
  1. LEGOS : Laboratoire d'études en Géophysique et océanographie spatiales (CNRS/Université Paul Sabatier/CNES/IRD)
  2. LOCEAN : Laboratoire d'Océanographie et du Climat : Expérimentations et Approches Numériques (CNRS/UPMC/IRD/MNHN)
  3. Acronyme anglais de Recherche coopérative sur le vêlage en Antarctique et l'évolution des glaciers, l'équipe CRACICE inclus des chercheurs du LEGOS (CNRS/ Université Paul Sabatier/CNES/IRD), de l'Université de Tasmanie et de l'Antarctique Climate and Ecosystem Cooperative Research Centre (Australie).
  4. Adélie Land Bottom water formation and Ice Ocean interactioNs, programme de recherche du laboratoire LOCEAn financé et supporté par INSU/CNRS, IPEV, CNES
Contact(s)
Benoit Legresy

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Un siècle d'images planétaires

mar, 23/02/2010 - 01:00

8 400 clichés de Mars, Vénus, Mercure, Jupiter et Saturne, effectués entre 1890 et 1977 sont maintenant disponibles maintenant dans la Base de Données d'Images Planétaires (BDIP). Ces clichés proviennent de la numérisation de photographies conservées par le Centre de Documentation Photographique sur les planètes organisé par l'Union Astronomique Internationale (IAU) à l'Observatoire de Paris - Meudon à partir de 1961 dont J.H. Focas fut le premier responsable (IAUC, 12th General Assembly, report 1964). Un centre identique a été créé au Lowell Observatory en Arizona, sous la responsabilité de W.A. Baum, les clichés étant dupliqués entre les deux centres.

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Des témoins d'une lithosphère vieille d'au moins 4,3 milliards d'années identifiés en Australie

mar, 23/02/2010 - 01:00

La composition en isotopes du Néodyme des roches basaltiques et sédimentaires de la formation de Dresser en Australie Occidentale montre que des roches d'une croûte plus ancienne, vieille d'au moins 4,3 milliard d'années, sont impliquées dans leur formation. L'âge de la roche hôte étant de 3,49 milliard d'années, ce résultat montre que des fragments de lithosphère hadéenne (plus vieille que 4,0 Ga*) issus de la différentiation précoce du manteau ont été stockés à la surface de la Terre pendant plus de 800 millions d'années sans être recyclés. Ces travaux viennent d'être publiés par une équipe de l'Institut de Physique du Globe de Paris (INSU-CNRS, Paris Diderot) dans la revue Nature Geoscience (volume du 21 février 2010).



Très tôt dans son histoire, la Terre s'est différentiée en enveloppes successives comprenant noyau, manteau, croûte, hydrosphère et atmosphère. Des variations subtiles en isotopes du Néodyme (142Nd) découvertes dans des roches des cratons archéens (3,8 à 2,5 Ga) et protérozoïques (2 ,5 à 1 Ga) du Groenland, du Canada et d'Inde ont permis de démontrer que la différentiation du manteau en un réservoir enrichi (croûte) et un réservoir appauvri (manteau appauvri) a été réalisée moins de 100 à 200 millions d'années après la formation de la Terre. La présence de zircons détritiques d'âge moyen 4,1 Ga dans des conglomérats tardi-archéens datant de 3,0 Ga a confirmé le caractère précoce de cette différentiation et suggéré que des roches de types granitoïdes ont pu se former pendant l'Hadéen (4,56 à 4,0 Ga). On connait cependant très peu de choses sur la nature et la composition du réservoir crustal enrichi.

Dans cet article l'équipe menée par Svetlana Tessalina montre à partir d'âges 147Sm-143Nd et de modèles géochimiques qu'un fragment de croûte vieux d'au moins 4,3 milliard d'années s'est séparé du manteau terrestre pour être ensuite réutilisé quelques 800 millions d'années plus tard dans la formation de roches volcaniques et sédimentaires de la formation de Dresser, Craton des Pilbara, Australie Occidentale. De manière providentielle, cette formation n'a été affecté que par un métamorphisme de faible degré (<300°C) après sa formation. L'isochrone Sm-Nd obtenue sur les roches totales comprenant basaltes, cherts, carbonates et barytine a fourni un âge de 3,49 ± 0,10 Ga, qui est en excellent accord avec des âges obtenus par les méthodes Pb-Pb8 sur galène,U-Pb9 sur zircon ainsi que des âges U-Xe sur barytine10. Ceci indique que le système Sm-Nd n'a pas été perturbé depuis la cristallisation des basaltes et le dépôt des sédiments. Les concentrations en éléments traces Nb-Th-U ont permis de déterminer la nature et les quantités du composé crustal impliqué dans la formation des roches de Dresser. Ainsi, 4 à 21% de granodiorite ou 20 à 35% de basalte archéen sont nécessaires pour expliquer la composition des basaltes de la Formation de Dresser.

Si le composé crustal était plutôt un granodiorite, cela implique que dès 4,3 Ga la croûte était déjà différentiée par rapport à un précurseur basaltique. Si le composé crustal était plutôt un basalte, cela implique une différentiation encore plus précoce dès 4,5 Ga. Outre une information sur la nature de la lithosphère hadéenne, ces résultats permettent de résoudre une vieille controverse concernant l'origine de la barytine de Dresser. Celle-ci a longtemps été considérée comme secondaire et formée au détriment de gypse d'origine évaporitique. L'âge Sm-Nd clôt définitivement ce débat en montrant que la barytine est primaire et associée à une activité hydrothermale contemporaine de l'activité volcanique et du dépôt des sédiments siliceux et carbonatés.
Note(s)
    *Ga : millard d'années
Source
Influence of Hadaean crust evident in basalts and cherts from the Pilbara Craton
Svetlana G. Tessalina1*, Bernard Bourdon2, Martin Van Kranendonk3, Jean-Louis Birck4 and Pascal Philippot1
1. Equipe Géobiosphère Actuelle et Primitive, Institut de Physique du Globe, IMPMC, INSU-CNRS & Université Paris Diderot,
2. Institute of Isotope Geochemistry and Mineral Resources, ETH Zürich
3. Geological Survey of Western Australia Equipe Géochimie et Cosmochimie, Institut de Physique du Globe, INSU-CNRS & Université Paris Diderot

* School of Earth and Geographical Sciences, University of Western Australia,
Contact(s)
Pascal Philippot, IPGP (INSU-CNRS, Paris Diderot)
Svetlana Tessalina, IPGP (INSU-CNRS, Paris Diderot)

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Des étoiles primitives ont été découvertes dans de proches galaxies naines

ven, 19/02/2010 - 01:00

Après avoir réussi à se cacher pendant des années, les étoiles primitives situées en dehors de notre Galaxie, la Voie Lactée, ont finalement été démasquées dans de proches galaxies naines. C'est une équipe internationale, dont des chercheurs du CNRS, qui a fait cette découverte en utilisant des spectrographes du Very Large Telescope de l'ESO. L'observation de ces étoiles primitives dans d'autres galaxies devrait nous aider à mieux comprendre la formation des premières étoiles de l'Univers.

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Premiers résultats de la mission Genesis

mar, 16/02/2010 - 01:00

L'analyse par une équipe du CRPG1 (INSU-CNRS), en collaboration avec des chercheurs Suisses et Américains, de la composition isotopique de l'azote des cibles irradiées durant 27 mois par le vent solaire dans le cadre de la mission américaine Genesis, révèle une composition isotopique du Soleil très différente de celle des météorites et de la Terre. Cette mesure, seconde priorité de la mission parmi 27 autres, permet aux auteurs de conclure que le Soleil est bien la référence isotopique du système solaire et non la Terre. Cette hétérogénéité pourrait être le résultat de l'irradiation intense du gaz résiduel de la nébuleuse par le Soleil jeune. Lors de cette irradiation, des réactions photochimiques auraient formé des phases isotopiquement anormales, incorporées dans les précurseurs des météorites et des planètes terrestres. Un résultat publié récemment dans Geochimica et Cosmochimica Acta.


Vue d'artiste du vaisseau spatial de la mission Genesis pendant l'exposition au rayonnement solaire. Les ions du vent solaire sont venus s'implanter dans les cibles centrales durant 27 mois .
© NASA

Comprendre la formation des planètes Le Soleil concentre 99 % de la masse du système solaire et représente le meilleur témoin de la matière initiale qui a formé notre étoile et les planètes. Sa composition élémentaire est connue grâce à l'analyse spectrale de la lumière émise, mais celle des abondances isotopiques n'est pas accessible par cette méthode. Or, les rapports isotopiques constituent la mémoire des processus de formation de notre système. Les seuls objets analysés précédemment sont la Terre et les météorites (et, très récemment, de la matière cométaire).

L'oxygène et l'azote montrent des variations isotopiques très importantes entre les différents réservoirs planétaires que sont la Terre, Mars, les météorites, les comètes et les planètes géantes. Cette disparité est vraisemblablement en rapport avec les processus très énergétiques de formation du système solaire. Seules les atomes ionisés émis continuellement dans l'espace par notre étoile, le vent solaire, offrent l'opportunité d'acquérir des données sur ces processus, à condition de pouvoir les capter. Telle était l'objectif de la mission Genesis de la Nasa.
Les fragments de cibles ont pu être récupérés et analysés après nettoyage par laser.
© CRPG (INSU-CNRS) Les résultats de la mission Genesis La mission a consisté à exposer 27 mois durant des matériaux ultra-purs (saphir recouvert d'or, diamant synthétique, silicium pur, aluminium) au vent solaire. Si la mission s'est bien passée, le retour fut plus mouvementé et la capsule portant les échantillons s'écrasa dans le désert de l'Utah. L'équipe du CRPG dû mettre au point une procédure analytique particulière pour « nettoyer » les échantillons des pollutions terrestres dues à l'atterrissage et garantir la qualité des analyses. Le CRPG a été sélectionné par la NASA pour son savoir-faire démontré par l'analyse des échantillons lunaires des missions Apollo et de météorites, notamment de Mars. Il a fallu 6 ans à l'équipe pour développer un système spécifique d'analyse des quantités extrêmement faibles d'azote solaire. Cette installation a également permis la première analyse de gaz rares dans de la matière de comète lors de la Mission NASA Stardust.


Installation d'ablation laser et spectrométrie de masses statique montée au CRPG pour l'analyse des cibles Genesis.
© CRPG (INSU-CNRS)

L'analyse isotopique de l'azote des échantillons de Genesis a permis tout d'abord de s'assurer que la composition isotopique de N n'avait pas évolué dans le Soleil. En effet, le rapport 15N/14N du Soleil est semblable à celui de l'atmosphère de Jupiter, analysé il y a dix ans par une sonde américaine. Cette similarité montre que les planètes géantes dont Jupiter, ont capté dans leurs atmosphères massives une partie de la nébuleuse primitive d'une part, et que la composition du Soleil actuel reflète bien celle du gaz initial. En d'autres termes, les processus de nucléosynthèse (fabrication d'éléments) internes à notre étoile dont le Soleil tire son énergie, et ceux liés à la genèse du vent solaire, n'ont pas affecté l'azote.

Par ailleurs, Genesis a également permis l'échantillonnage et l'analyse d'autres éléments tels que les gaz rares, qui montrent une constance dans leurs compositions isotopiques et donc le peu d'influence des processus de transfert entre Soleil interne et vent solaire.

L'azote du vent solaire montrent que la Terre et les météorites (système solaire interne) d'une part, et les comètes (système solaire lointain) d'autre part sont enrichies en azote-15 (l'isotope rare de l'azote, l'autre isotope, majoritaire, est l'azote-14) de 60 % et de 300 %, respectivement. Ces variations contrastent fortement avec les variations isotopiques des éléments non volatils qui ne sont que de quelques parties pour mille dans tout le système solaire. Elles indiquent que des processus physicochimiques intenses ont affecté le gaz de la nébuleuse protosolaire et non les solides (grains). Ces processus sont probablement dus à une irradiation intense du gaz par le Soleil jeune lors d'interactions avec les solides, et/ou des réactions chimiques à très basse température entre espèces azotées, peut être catalysées par la lumière solaire. De tels processus ont dû se produire dans des régions différentes de celles des planètes internes, impliquant des mélanges de matière à très grande échelle dans tout le système solaire.
Note(s)
    1 Centre de recherches pétrographiques et géochimiques (INSU-CNRS) Ces travaux ont été financés par le Centre National d'Etudes Spatiales (CNES), le Centre National de la recherche Scientifique (CNRS), l'Institut National des Sciences de l'Univers (INSU), la Région Lorraine, le Ministère de l'Enseignement Supérieure et de la Recherche (MESR), la Communauté Urbaine du grand Nancy (CUGN), et, pour les collaborateurs extérieurs, par le Fond Suisse de la Recherche (FSR), et la National Aeronautic and Space Administration (NASA)
.
Source
Nitrogen isotopes in the recent solar wind from the analysis of Genesis targets: Evidence for large scale isotope heterogeneity in the early solar system. GEOCHIMICA ET COSMOCHIMICA ACTA Vol. 74, Pages: 340-355 , JAN 1 2010 Bernard Marty a,*, Laurent Zimmermann a, Peter G. Burnard a, Rainer Wieler b, Veronika S. Heber b,1, Donald L. Burnett c, Roger C. Wiens d, Peter Bochsler e
a) Centre de Recherches Pétrographiques et Géochimiques, INSU-CNRS, Université de Nancy, Vandoeuvre les Nancy.
b) Isotope Geology and Mineral Resources, ETH Zürich, Suisse
c) Department of Geological and Planetary Sciences, Caltech, USA
d) Los Alamos National Laboratory, Los Alamos, USA
e) Physikalisches Institut, University of Bern, Suisse
Contact(s)
Bernard Marty, CRPG

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Le sous-sol des mers lunaires analysé par échos radars

mar, 16/02/2010 - 01:00

Une équipe internationale, conduite par de chercheurs du Laboratoire de Planétologie de Grenoble (INSU-CNRS), a analysé la structuration du sous-sol des mers lunaires, jusqu'à plus de 800 mètres de profondeur, grâce au radar embarqué à bord de la sonde japonaise SELENE. Les échos radars mettent en évidence des coulées basaltiques de nature différente dans certaines zones de ces mers, mais pas dans d'autres. Ces échos seraient liés à des épisodes volcaniques discontinus avec altération de la surface pendant les périodes sans éruption, et leur détectabilité liée à la présence d'ilménite. Ces travaux sont publiés dans Geophysical Research Letters.

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Vision pour l'astronomie et l'astrophysique européenne en Antarctique

ven, 12/02/2010 - 01:00

Le consortium vient de publier sa « Vision pour l'astronomie et l'astrophysique européenne en Antarctique dans la prochaine décennie », une feuille de route de 100 pages proposée aux agences nationales et internationales et à la Commission Européenne en vue d'installer un observatoire astronomique en Antarctique sur le site de la station francoitalienne Concordia au Dôme C.

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Nouvelles precisions sur la faille à l'origine du séisme de Sumatra

jeu, 11/02/2010 - 01:00


Bathymétrie de la zone d'étude dans la zone atteinte par le séisme de Sumatra. Les points rouges marquent l'emplacement des sismomètres fonds de mer installés pendant la campagne de 2006. Les profils sismiques réalisés sont indiqués par les lignes rouges. L'étoile situe la position du grand séisme.
© F. Klingelhoefer,1 M.-A. Gutscher et al. JGR 2010A la suite des séisme et tsunami de Sumatra, survenus en décembre 2004, la communauté scientifique française a mobilisé dans le cadre d'une collaboration entre l'Institut de Physique du Globe de Paris (INSU-CNRS/Paris Diderot), l'IPEV, l'Ifremer et le laboratoire Domaine Océanique (INSU-CNRS/Université de Brest) des moyens de recherches océanographiques importants pour étudier la zone de rupture de ce séisme, le plus puissant ressenti depuis 40 ans. Une image de la structure de la subduction a été obtenue par imagerie sismique. Une modélisation thermique permet de délimiter la zone encore cassante, pui pourrait rompre lors d'un futur séisme. Ces résultats sont présentés dans un article paru dans la revue Journal of Geophysical Research (janvier 2010).



A la suite des séisme et tsunami de Sumatra, de nombreuses questions se posaient dont : Quelle est la géométrie en 3-D de la faille qui avait rompu (son étendue Nord-Sud, ainsi que sa largeur E-W et sa profondeur) ? Quels étaient les blocs de croûte et/ou manteau impliqués ? Y avait-il des évidences de rupture de faille au fond de la mer ? Pouvait-on retrouver des traces de glissements sous-marins récents liées au séisme ? Afin d'y répondre, deux campagnes océanographiques françaises ont été menées avec le navire océanographique Marion Dufresne et le soutien du programme ANR SAGER. La première campagne en juillet-août 2005, se concentrait sur l'étude des répliques du séisme en les enregistrant avec un réseau de sismomètres posés au fond de la mer (des OBS = Ocean Bottom Seismometer). La deuxième campagne en juillet-août 2006 visait à mieux connaître la structure profonde de la faille qui avait rompu en l'étudiant par la méthode de sismique grand angle.

Lors de cette campagne des tirs de canons à air, générant une puissante source acoustique, ont été enregistrés par ces mêmes instruments, les OBS, afin d'imager la structure du substratum sous le fond de la mer, c'est-à-dire les couches sédimentaires, la croûte océanique et la croûte continentale, ainsi que la partie supérieure du manteau sous-jacent.

Ces travaux sont l'aboutissement des recherches issues de cette deuxième campagne qui a permis d'imager pour la première fois en profondeur la géométrie exacte de la structure des plaques en jeu et de la portion de faille qui a rompu. Ainsi, l'hypocentre du séisme de 2004 est localisé à l'interface entre la plaque océanique plongeante et le manteau de la plaque supérieure continentale. Une structure continentale butoir est située à 120 km de la fosse où 4 à 5 km de sédiments surmontent la croûte océanique relativement mince, (5 km). Elle s'est formée il y a 50 à 60 millions d'années à la dorsale océanique de Wharton au taux d'expansion rapide. La limite croûte continentale-manteau (MOHO) est peu profonde (22 km de profondeur).

Au-delà de la détermination précises des structures en présence, l'avancée majeure concerne le volet de modélisation thermique du plan de faille de cette étude. L'approche se base sur le comportement mécanique des roches sédimentaires qui se situent le long du plan de faille et qui en quelque sorte le « lubrifie ». Des sédiments marins très mous et facilement déformables, une fois enfouie sous plusieurs kilomètres de sédiments commencent à se durcir et se comporter d'une manière « cassante ». Cela veut dire qu'ils deviennent capables de cumuler des contraintes (une charge énorme répartie sur une grande surface) avant de les relâcher brusquement (c'est-à-dire lors d'un séisme). Typiquement les sédiments se comportent de cette manière quand ils sont dans une gamme de température entre 150°C et 350°C. Donc à condition de connaître la répartition des températures le long du plan de faille, il devrait être possible de déterminer la partie de la faille au comportement cassant qui risque de rompre lors d'un prochain séisme.


Modèle thermique de la zone de subduction de Sumatra. La géométrie est issue de l'imagerie sismique jusqu'à 20 km de profondeur (coupe en couleur) et par la localisation des séismes au-delà. Le modèle thermique est indiqué par les courbes noires d'égales température. Sont reporté l'activité sismique (points). La zone sismogénique prédite par le modèle thermique correspond aux isothermes 150 à 350 °C
© F. Klingelhoefer,1 M.-A. Gutscher et al. JGR 2010

Cette méthode a été appliquée à l'étude du plan de faille qui a rompu en Décembre 2004. Selon le modèle thermique, la partie cassante du plan de faille ferait 200km de large d'Est en Ouest, allant de la proximité de la fosse jusqu'à 40 km de profondeur. Ce résultat théorique est en accord avec la répartition des répliques enregistrées après le séisme. La largeur exceptionnelle du plan de faille rompu s'explique par la présence d'un grand prisme d'accrétion et par le fait que la rupture a atteint le manteau sous la marge de Sumatra. Cette largeur exceptionnelle explique aussi en partie (avec la grande longueur Nord-Sud) la grande magnitude de ce séisme.

Source
1 Le prisme d'accrétion est l'accumulation des sédiments marins déformés, râclés du toit de la croûte océanique du fait de la convergence de deux plaques en situation de subduction. La subduction étant l'enfoncement d'une plaque océanique sous une autre (océanique ou continentale).

2 Ces travaux ont obtenus le soutien de : l'Indonesian Institute of Sciences (LIPI) et de l'Agency for the Assessment and Application of Technology (BPPT), de l'ANR, de l'INSU, de l'Ifremer.
Source
Limits of the seismogenic zone in the epicentral region of the 26 December 2004 great Sumatra-Andaman earthquake: Results from seismic refraction and wide-angle reflection surveys and thermal modeling; JOURNAL OF GEOPHYSICAL RESEARCH, VOL. 115, B01304, doi:10.1029/2009JB006569, 2010
F. Klingelhoefer,1 M.-A. Gutscher,2 S. Ladage,3 J.-X. Dessa,4 D. Graindorge,2 D. Franke,3 C. Andre´,2 H. Permana,5 T. Yudistira,6 and A. Chauhan
1Departement de Geosciences Marines, Ifremer, Plouzane.
2Domaines Océaniques, (INSU-CNRS. Univ Bretagne Occidentale, IUEM, Plouzane.
3Federal Institute for Geosciences and Natural Resources, Hanover, Germany.
4Géoazur (INSU-CNRS, Univ Nice, OCAObservatoire, Villefranche sur Mer
5Earth Dynamics and Geological Disaster Division, Research Center for Geotechnology, Indonesia Institute of Sciences, Bandung, Indonesia.
6Program Studi Teknik Geofisika, Institut Teknologi Bandung,Bandung, Indonesia.
7Laboratoire de Géosciences Marines (IPGP, INSU-CNRS, Paris Diderot)
Contact(s)
Marc-André Gutscher, Domaine Océanique/IUEM

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Intervention scientifique post-sismique à Haïti

mer, 10/02/2010 - 01:00

Afin de préciser les caractéristiques du séisme d'Haïti et de quantifier les risques qui subsistent pour les années à venir une intervention sismologique en mer, la campagne HAITI-OBS, est mise en place par le laboratoire Géoazur (CNRS, IRD, Université de Nice, Observatoire de la côte d'Azur), en collaboration avec le laboratoire Domaines océaniques (CNRS/Université de Brest), les observatoires sismologiques de Martinique et de Guadeloupe (IPGP), l'Université Antilles-Guyane et le laboratoire de Géosciences marines de l'Ifremer. Cette campagne se déroulera à bord du navire océanographique pluridisciplinaire de l'Ifremer, L'Atalante. Des stations sismologiques seront déployées au nord et au sud de la péninsule sud haïtienne et permettront l'enregistrement des répliques de très faible magnitude qui continuent de se produire au voisinage de la zone de rupture du séisme du 12 janvier 2010.



Pour mieux évaluer les risques d'autres séismes autour de cette zone géographique, des observations sismologiques, géophysiques et tectoniques post sismiques sont nécessaires. Les différents laboratoires du domaine réunis au sein de la « cellule d'intervention post-sismique de l'INSU » ont immédiatement échangé informations et analyses afin de décider des actions possibles et nécessaires. Depuis le choc majeur de la région d'Haïti, les réseaux sismiques ont enregistré de nombreuses répliques, certaines approchant la magnitude 6. Ces répliques sont localisées sur ou au voisinage de la section de faille qui a rompu. Leur nombre, et surtout leur magnitude moyenne a considérablement diminué depuis le 12 janvier 2010 et elles ne sont plus enregistrées par les réseaux sismologiques mondiaux. C'est la raison pour laquelle il est nécessaire de déployer un réseau sismologique local qui permettra d'enregistrer et de caractériser l'évolution de ces petits séismes.

Une intervention post sismique à terre n'étant pas encore envisageable du fait des conditions locales, le déploiement de stations sismologiques fond de mer a été décidé, il sera effectué au cours de la campagne Haiti-OBS. Pour cette campagne, une équipe de neuf scientifiques est mobilisée pour installer 21 sismomètres fond de mer (OBS). 6 font partie du parc de l'IRD, géré par le laboratoire Géoazur (CNRS/IRD/Université de Nice/UPMC/Observatoire de la côte d'Azur) équipés de capteurs longue période ils ont une autonomie de 3 mois. Les 15 autres appartenant au laboratoire Géosciences Marines (Ifremer) équipés de capteurs courte période ont une autonomie limitée à 3 semaines. Ces équipements seront déployés depuis le pont du navire, par des profondeurs de 1000 mètres et plus. Les capteurs, posés sur le fond de la mer, enregistreront en continu les mouvements du sol au large d'Haïti. La mission est donc destinée à enregistrer les répliques du séisme du 12 janvier dernier. Les données scientifiques ainsi recueillies aideront à mieux comprendre les mécanismes à l'origine des tremblements de terre. Le navire est arrivé le 8 février à Port-au-Prince et restera sur la zone 3 à 4 jours.

Le séisme d'Haïti, qui s'est produit le 12 janvier 2010 à 16h56 heure locale, a atteint une magnitude de 7 à 7,3 (Mw) . Il est dû au mouvement décrochant (mouvement horizontal de deux blocs de la croûte terrestre l'un par rapport à l'autre) de la faille Enriquillo-Plantain Garden qui passe à une vingtaine de kilomètres de la capitale Port-au-Prince. La zone de rupture du séisme serait située très près de la capitale. De relativement faible profondeur (entre 10 et 13 km), elle atteint probablement localement la surface. On évalue actuellement la longueur de cette rupture à environ 50 km, et son glissement cosismique de 1 à 2 m. Ces caractéristiques, associées à la proximité de la capitale, expliquent l'ampleur de la catastrophe. Même si cette faille n'avait pas produit de séisme important au cours de ces dernières décennies, elle a probablement été la source des séismes historiques de 1751 et 1770 qui, d'après les écrits d'époque de l'historien Moreau de Saint Méry, auraient tous deux détruit la ville de Port-au-Prince. Longue de 300 km, de direction est-ouest, on peut suivre cette faille depuis le lac d'Enriquillo en République Dominicaine jusqu'à la plaine de Plantain Garden (le "jardin des bananes-plantain"), en Jamaïque. A terre, à travers le sud d'Haïti, elle est longue de 300 km et n'a été affectée ce 12 janvier 2010 que sur une partie relativement petite de sa longueur. La mission actuelle a donc pour objet d'établir un état de la situation de la faille.
Note(s)
    1 La cellule d'intervention post-sismique est un outil d'aide et de soutien à la communauté scientifique afin de favoriser la coordination des interventions sur le terrain, la collecte et la diffusion des informations, le suivi et l'ajustement des actions à mener au cours de la crise ainsi que la communication avec les tutelles.
    2 échelle de magnitude du moment


Contact(s)
Philippe Charvis, Géoazur (INSU-CNRS/IRD/Univ Nice)

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Beaucoup de gaz froid dans les galaxies de l'Univers jeune

mer, 10/02/2010 - 01:00

Une équipe internationale d'astronomes a réussi à montrer que quelques milliards d'années après le Big Bang, lorsque l'Univers n'avait qu'un tiers de son âge actuel, les galaxies massives formant des étoiles contenaient cinq à dix fois plus de gaz froid que celles d'aujourd'hui. Réalisées grâce à l'interféromètre de l'Institut de Radioastronomie Millimétrique (IRAM ; INSU-CNRS, MPG, IGN), ces observations de grandes quantités de matière froide, élément clef dans la formation stellaire, expliquent directement les productions gigantesques d'étoiles à ces époques reculées. Ce résultat est publié dans la revue Nature du 11/02/2010.

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Un scénario sans collision pour le basculement d'Uranus

mar, 09/02/2010 - 01:00

Uranus est une planète très particulière du Système solaire : son axe de rotation sur elle-même est presque dans le plan de son orbite autour du Soleil, au lieu d'en être quasi perpendiculaire, comme pour les autres planètes. Deux astronomes de l'Institut de Mécanique Céleste et de Calcul des Ephémérides (IMCCE : INSU-CNRS, Observatoire de Paris) proposent un mécanisme de résonance avec un satellite, aujourd'hui disparu, qui aurait fait basculer l'axe de rotation d'Uranus, lors de la formation du Système solaire.

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Création de l'Alliance pour l'Environnement

mar, 09/02/2010 - 01:00

Douze acteurs de la recherche scientifique se regroupent pour créer l'Alliance nationale de recherche pour l'Environnement AllEnvi. Quatrième alliance de recherche après les alliances pour la santé (Aviesan), l'énergie (Ancre) et le numérique (Allistene), AllEnvi a pour principale mission d'organiser, en métropole et en outre-mer, une meilleure synergie des acteurs de la recherche sur les problématiques scientifiques liées à l'alimentation, à l'eau, au climat et aux territoires.

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Première localisation de l'eau dans un système planétaire

lun, 08/02/2010 - 01:00

Pour la première fois, des astronomes ont pu localiser de l'eau dans un disque protoplanétaire autour d'une jeune étoile de type solaire. Ces disques, au sein desquels l'on pense que les planètes se forment, sont constitués de gaz et de poussières. Deux chercheurs de l'Université de Bonn, du Leyden Observatory et du Max Planck Institute for extraterrestrial Physics, viennent de détecter la présence d'eau autour de la jeune étoile NGC 1333 IRAS4B. Cette vapeur d'eau se situe à environ 25 unités astronomiques de l'étoile centrale, soit environ la distance Soleil-Neptune et sa masse est équivalente à cent fois celle de l'ensemble des océans terrestres. Cette découverte a été réalisée grâce à l'interféromètre du Plateau de Bure dans le Dévoluy, l'un des observatoires radiomillimétriques les plus sensibles au monde.

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La neige arctique : une source biologique d'oxydes d'azote au coeur même de l'hiver polaire ?

ven, 05/02/2010 - 01:00

Jusqu'à présent, les scientifiques pensaient que le manteau neigeux arctique sec (température inférieure à 0°C) était biologiquement inactif et donc que durant l'hiver polaire, en l'absence de lumière, il n'émettait aucun composé. Or, une équipe franco-italienne, constituée de chercheurs du Laboratoire de glaciologie et géophysique de l'environnement (LGGE), du Laboratoire d'écologie alpine (LECA) et du CNR de Rome, vient de mettre en évidence que même en l'absence d'eau liquide la neige est un réacteur biologique très actif. Cette activité métabolique se traduit par des émissions d'oxydes d'azote durant l'hiver polaire, ce qui pourrait représenter une nouvelle source de ces oxydes à ces hautes latitudes.


Les scientifiques ont longtemps considéré le manteau neigeux comme un milieu chimiquement et biologiquement inerte. Il y a une dizaine d'années, ils se sont aperçus que des réactions photochimiques(1) avaient lieu dans la neige. En résumé, la photolyse des ions nitrate (NO3-), impureté présente dans la neige à des concentrations micromolaires, produit des oxydes d'azote (NO et NO2), de l'acide nitreux (HONO) et d'autres composés gazeux réactifs, qui tous diffusent ensuite dans l'atmosphère polaire, modifiant considérablement la chimie dont elle est le siège, au point par exemple que durant l'été la teneur en molécules oxydantes (notamment le radical OH) au Pôle Sud est du même ordre qu'à l'équateur. Une autre illustration marquante de l'impact de cette photochimie est qu'au printemps, l'atmosphère est aussi polluée au-dessus de certains glaciers himalayens que dans les mégalopoles asiatiques, à cause d'interactions chimiques entre les produits de la photolyse du nitrate et les aérosols organiques provenant du subcontinent indien et déposés sur la neige de ces glaciers, ces réactions produisant comme dans les centres-villes des oxydes d'azote, de l'ozone et des polluants organiques.

Outre diverses impuretés chimiques, la neige contient aussi de nombreux microorganismes (bactéries, archées, levures et algues), dont le métabolisme modifie la composition chimique de la neige et conduit à des échanges de composés entre l'atmosphère et la neige. Cependant, l'activité de ces microorganismes se révèle surtout à la fonte du manteau neigeux, lors de l'apparition d'eau liquide favorable à la vie, de telle sorte que le manteau neigeux sec (température inférieure à 0°C) était jusqu'à présent considéré comme biologiquement inactif, à quelques rares exceptions près.


Vue depuis le site d'étude à Ny-Ålesund, Svalbard : la lueur polaire hivernale éclaire le Kongsfjord et les montagnes qui l'entourent. © LGGEOr, une campagne franco-italienne au Svalbard (Arctique européen, 79 °N) dont l'objectif initial était l'étude des réactions chimiques dans le manteau neigeux, a récemment mis en évidence, dans un manteau neigeux froid et donc en l'absence d'eau liquide, l'existence d'un métabolisme de ces microorganismes impliquant l'azote.
L'élément qui a permis de suspecter cette activité métabolique a été la détection par les instruments de l'équipe italienne d'émissions par la neige de NO, NO2 et HONO pendant l'hiver polaire, donc en l'absence totale de lumière. L'origine photochimique de ces émissions devant être exclue, l'équipe s'est tournée vers la piste biologique. Une analyse chimique de la neige a montré la présence d'ions nitrite (NO2-), à des concentrations micromolaires, alors que cet ion est rarement détecté dans la neige. Ceci étayait l'hypothèse biologique, car les réactions de nitrification et dénitrification des microorganismes transforment respectivement l'ammonium (NH4+) et le nitrate en nitrite.
La preuve incontestable d'un métabolisme impliquant l'azote dans la neige sèche a été apportée par l'analyse isotopique, effectuée au LGGE, du nitrate et du nitrite présents dans la neige. Alors qu'habituellement ces ions proviennent uniquement d'apports atmosphériques, ces analyses ont montré qu'une partie d'entre eux avaient été produits in situ dans le manteau neigeux. Comme aucune réaction abiotique(2) connue ne permet de les former dans la neige en l'absence de lumière, force était d'admettre qu'ils sont produits par des microorganismes actifs. L'analyse isotopique a alors permis de tracer leur origine : ils proviennent de la nitrification de l'ion ammonium issu des argiles contenues dans les moraines affleurant à proximité et apportées dans la neige par le vent.


Interprétation des processus non photochimiques observés dans le manteau neigeux. Les flèches de couleur indiquent des réactions biologiques décrites pour des bactéries du sol.


Les émissions par la neige de NO, NO2 et HONO pendant l'hiver polaire s'expliquent alors très bien car les réactions métaboliques de dénitrification produisent du NO à partir du nitrite, dont une partie diffuse dans l'atmosphère où il a été détecté et une autre partie réagit avec l'ozone contenu dans l'air interstitiel du manteau neigeux, produisant du NO2 qui diffuse dans l'atmosphère où il a lui aussi été détecté. Quant au HONO, il est issu de la protonation du nitrite, une réaction qui se produit dans des microenvironnements légèrement acides, fréquents dans la neige.

Même en l'absence d'eau liquide, la neige se révèle donc être non seulement un réacteur photochimique, mais également un écosystème actif capable d'influencer toute l'année la chimie de la neige et de l'atmosphère ainsi que les cycles biogéochimiques. L'impact de cette l'activité biologique reste à quantifier, mais il est possible de spéculer qu'elle représente une nouvelle source d'oxydes d'azote dans des régions et à des périodes où il en existe très peu. Il est également probable que ce métabolisme microbien émette du N2O (étape suivante de la dénitrification). Or, le N2O est un puissant gaz à effet de serre à très longue durée de vie, dont le bilan planétaire des sources et puits connus ne permet pas d'expliquer précisément la concentration troposphérique. La découverte de nouvelles sources, comme peut-être celle dont il est question ici, ferait donc progresser les connaissances sur ce sujet.
Note(s)
  1. Une réaction photochimique est une réaction chimique qui se produit sous l'action de la lumière. La lumière peut intervenir de diverses manières, notamment en décomposant une entité chimique, c'est-à-dire en coupant une ou plusieurs de ses liaisons chimiques : on parle alors de photolyse
  2. Une réaction abiotique est une réaction non biologique
Source
Amoroso et al., Microorganisms in dry polar snow are involved in the exchanges of reactive nitrogen species with the atmosphere. Environmental Science and Technology, 44 (2010), 714-719
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L'origine des galaxies spirales actuelles

jeu, 04/02/2010 - 01:00

En utilisant les données du Télescope spatial Hubble (NASA-ESA), une équipe européenne d'astronomes incluant six chercheurs de l'Observatoire de Paris et du CNRS a pour la première fois établi un recensement exhaustif des galaxies, par type morphologique, depuis l'époque actuelle jusqu'à une période se situant avant la formation du système solaire. Ils démontrent que plus de la moitié des galaxies spirales actuelles avaient des formes particulièrement étranges, il y a 6 milliards d'années. Si ce résultat est confirmé cela implique que les phénomènes de collisions et de fusions entre galaxies jouent un grand rôle dans le passé récent de ces objets. Par contre, notre Galaxie, la Voie Lactée, aurait échappé à ces fusions durant les derniers milliards d'années.

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Les spinosaures étaient bel et bien des dinosaures semi-aquatiques

lun, 01/02/2010 - 01:00

Les spinosaures, un groupe énigmatique de dinosaures carnivores ayant vécu durant une partie du Mésozoïque (- 150 à - 90 millions d'années), avaient un mode de vie semiaquatique, similaire à celui des crocodiles ou des hippopotames actuels. C'est ce que montrent des chercheurs des laboratoires PaléoEnvironnements & PaléobioSphère (CNRS/Université Claude Bernard Lyon 1) et Géologie de l'École Normale Supérieure (CNRS/Ecole Normale Supérieure de Paris) ainsi que leurs homologues de l'Institute of Vertebrate Paleontology and Paleoanthropology de Pékin. C'est la composition isotopique de l'oxygène contenu dans les restes fossilisés de ces dinosaures qui a permis de résoudre ce problème écologique qui tracassait jusqu'à présent les paléontologues. Ces résultats sont publiés dans la revue Geology de février 2010.



Les spinosaures qui vivaient sur trois continents, l'Amérique du Sud, l'Afrique et l'Eurasie, entre la fin du Jurassique et le milieu du Crétacé (-150 à -90 millions d'années environ) constituent un groupe de dinosaures carnivores dont certaines espèces atteignaient de très grandes tailles. On estime en effet qu'ils pouvaient mesurer jusqu'à 16-18 mètres de long, pour un poids de 11 tonnes, ce qui fait d'eux les plus grands dinosaures carnivores et les plus grands prédateurs terrestres ayant existé. En plus de posséder de longues épines osseuses prolongeant leurs vertèbres et formant un voile dorsal très caractéristique, ces animaux avaient un crâne au museau très allongé garni de dents coniques très similaires à celles de certains crocodiles et d'énormes griffes terminant les doigts de leurs membres antérieurs. De telles spécialisations avaient été interprétées par les paléontologues comme étant une adaptation à un régime piscivore (à base de poisson), similaire à celle de certains crocodiles. Des preuves directes comme des contenus stomacaux ou des traces de prédation avaient déjà confirmé que les spinosaures se nourrissaient de poisson, mais pas exclusivement car les ptérosaures et d'autres dinosaures figuraient également à leur menu. La question de leur possible mode de vie aquatique s'est donc naturellement posée, mais jusqu'à présent aucun indice ne permettait de le supposer.

Afin d'aborder ce problème écologique, une collaboration internationale entre des chercheurs français, chinois, anglais, thaïlandais, marocains et brésiliens a permis de rassembler des dents de spinosaures provenant de tous les continents ayant livré des restes de ces dinosaures. Les chercheurs ont ensuite analysé la composition isotopique de l'oxygène présent dans ces dents fossilisées, partant du principe que la composition isotopique de l'oxygène des dents des vertébrés terrestres actuels est différente de celle de leurs contemporains aquatiques (comme les crocodiles ou les hippopotames). De telles différences de composition isotopique résulte en effet de différences d'évaporation transcutanée et de quantité d'eau ingérée et excrétée entre animaux terrestres et aquatiques.

Considérant que des différences de physiologie similaires pouvaient exister chez les animaux du passé, ils ont donc comparé, au sein de chaque gisement, la composition isotopique de l'oxygène Les spinosaures étaient bel et bien des dinosaures semi-aquatiques desdes restes de spinosaures avec celle de restes d'animaux aquatiques (crocodiles, tortues) et terrestres (autres dinosaures) qui coexistaient avec les spinosaures. Ils ont pu observer un écart significatif entre les spinosaures et les autres dinosaures carnivores mais une similitude avec les crocodiles et tortues aquatiques. Ce constat leur a permis de conclure que les spinosaures étaient adaptés physiologiquement à passer une grande partie de leur temps dans l'eau comme le font aujourd'hui les hippopotames alors que leur squelette ne montre pas d'adaptation poussée à un mode de vie aquatique.

Ainsi, du fait de leur adaptation à un mode de vie semi-aquatique, exceptionnelle chez ces grands prédateurs, les spinosaures exploitaient d'autres ressources naturelles que les autres dinosaures carnivores terrestres, limitant ainsi les compétitions pour la nourriture ou le territoire.

Source
Oxygen isotope evidence for semi-aquatic habits among spinosaurid theropods. Geology, 38, 139-142.(2010)
Amiot, R., Buffetaut, E., Lécuyer, C., Wang, X., Boudad, L., Ding, Z., Fourel, F., Hutt, S.,Martineau, F., Medeiros, A., Mo, J., Simon, L., Suteethorn, V., Sweetman, S., Tong, H., Zhang, F.and Zhou, Z.,


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